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Mercredi 7 février 2007

20h30 environ, en route pour La Rochefoucauld. Après avoir traversé La Rochefoucauld nous arrivons, tel qu’indiqué au téléphone par Yohan, sur un grand rond point. Prendre à gauche direction Mansle. Suivre direction Mansle. Nous arrivons à Le Pont d’Agris. Trouver un parking et là, appeler Yohan pour la suite de l’itinéraire. Il est aux alentours de 21h. Yohan m’indique la suite de la route. Il faut retourner un peu sur nos pas et prendre direction Chasseneuil à gauche. Quelques mètres plus loin un panneau indique bien cette direction ouf ! A partir de là, faire 400m puis prendre à droite. Encore 400m puis à gauche. Je suis attentivement les chiffres de mon compteur kilométrique. Tout correspond parfaitement aux indications. 100m puis prendre un chemin de terre sur la droite. Il est là ! Vu les 2 ou 3 points de lumière qui s’agitent au loin on peut penser que l’on est engagés sur le bon chemin. La nuit est claire, nous arrivons sur le site. Une sorte de petite clairière entourée de bois et de champs. Un joli site. Il pleut un peu mais trois fois rien. Pas de quoi nous décourager. Arrivés sur place nous descendons saluer les 5 ou 6 gars qui sont en train d’installer le matériel. Nous saluons tout le monde ainsi que Yohan. Puis je demande si je peux me garer de façon à me mettre dos au mur de son sans trop gêner. Pas de problèmes me répond-t-on. J’essaie de manœuvrer mais le sol est un peu meuble et une voiture me gêne un peu. Son propriétaire, Bob, me dit qu’il va avancer un peu pour que je puisse manœuvrer plus facilement. Merci, sympa parce que là vraiment je ne m’en sortais pas. La voiture une fois garée comme on le souhaitait, nous entreprenons de sortir le matériel. Il fallait réfléchir à un moyen de positionner le pied de la caméra de manière à la protéger de la pluie, à avoir un bon angle de prise de vue mais aussi à pouvoir ranger le tout rapidement lorsque l’on s’éloigne un peu. Entre temps Bob vient discuter un peu et je le reconnais. Il fait partie du collectif Les Lézards Libres. Il est plutôt sympa et demande simplement ce que l’on compte filmer. Je lui explique un peu l’idée du documentaire et du film pour Yohan. Puis il s’excuse car il doit retourner donner un coup de main pour l’installation. De notre côté nous décidons qu’il pourrait être judicieux de placer le pied de la caméra à l’intérieur de la voiture pour pouvoir filmer depuis l’intérieur, coffre ouvert. De cette façon il suffisait de refermer le coffre lorsque l’on s’éloignait. Après plusieurs tentatives infructueuses nous rabattons finalement tous les sièges et enfin nous parvenons à positionner correctement le pied. Nous y fixons ensuite la caméra puis nous tentons de régler le pied afin d’avoir le mur de son et la scène dans le cadre. Ca nous parait pas mal. Restait à faire quelques réglages sur la caméra et à la mettre en route histoire de voir ce que ça donne. Ca paraissait pas mal. Arrive alors un camion immatriculé 17. Deux jeunes en descendent, nous saluent, discutent un peu avec nous. Puis ils sortent du camion deux enceintes de retour avec lesquelles ils se dirigent vers la scène (constituée pour le moment d'un gros camion de chantier surmonté d'une grande bache pyramidale) afin de les installer. On entend le groupe électrogène tourner. Les premiers claquements de la musique se font entendre. Les organisateurs finissent de brancher le matériel et font quelques réglages. L'infoline est lachée par yohan aux alentours de 23h! La soirée peut commencer la teuf est ouverte! Le temps qu'arrivent les premiers participants deux policiers s'avancent en voiture sur le terrain. Ils surveillent de loin, les discussions à leur propos et notamment quant à leurs intentions vont bon train, on se demande s'ils vont nous laisser tranquilles ou s'ils vont tenter d'empêcher la soirée. Finalement la voiture s'approche du son et les deux policiers en descendent. Ils demandent l'autorisation du propriétaire du terrain. Tout semble en règle. Ils prennent alors les plaques d'immatriculation de tous les véhicules stationnés sur le terrain. La routine. Tous comptes faits la soirée va pouvoir continuer sur sa lancée. Les flics restent un peu aux alentours du terrain puis le véhicule s'éloigne. Au bout d'une petite heure tout le monde s'inquiète du fait que personne n'arrive. Nous apercevons des phares de voitures et de camions au loin. De nombreux véhicules semblent tourner autour du terrain sans pouvoir approcher. Au bout d'un moment le terrain est encerclé par une véritable symphonie de lumières dans tous les sens. Que se passe-t-il ??? C'est l'interrogation générale. Puis quelques teufeurs surgissent de derrières des buissons en courant dans tous les sens. Ils sont très agités et nous expliquent qu'un barrage d'une vingtaine de policiers en armes (des mitraillettes apparemment !) a été mis en place à Le Pont d'Agris, village le plus proche du terrain sur lequel a lieu la teuf. Les flics semblent avoir décidé de bloquer tous les accès à la teuf. Le jeu du chat et de la souris commence. Plusieurs autres groupes de teufeurs arrivent à pied à travers champs. Ils nous disent avoir abandonné leur véhicule le long de la route puisque les accès sont complètement bloqués. Les flics éloignent les véhicules en leur indiquant de faux itinéraires. Certains nous diront s'être retrouvés à 30km du terrain avant de comprendre qu'ils étaient tombés dans le piège improvisé par les autorités locales.

par le lézard publié dans : chroniques
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Vendredi 12 janvier 2007


 

Préface de « Nouvelles » (‘Nine stories’) de J.D. SALINGER par J-L. CURTIS :

« Ces trois journées d’un gosse perdu à New York, vous avez deviné qu’elles sont une quête. Une quête de la vérité, ou de la joie, ou des raisons de vivre, par un être jeune, encore à demi plongé dans l’enfance, et que le monde effraie. »

« Tout se passe comme si, pour la plupart des êtres, entre la fin de l’adolescence et le commencement de l’âge adulte, quelque chose était irrémédiablement perdu : une certaine qualité morale. Car l’enfance n’est pas le temps de la gentillesse, de la facilité, des sourires, mais bien plutôt celui de la rigueur, de l’intransigeance, de la non-compromission. L’enfance n’est pas nécessairement, et même chez Salinger, elle n’est jamais, un ‘vert paradis’ ; elle est un domaine spirituel d’où l’on a été exclu, un langage qu’on a oublié, ou dont on a perdu la clef ; et cette frustration est ressentie comme une souffrance, elle est la source d’une lancinante nostalgie. Les jeunes gens parviennent quelque fois à garder un lien avec l’enfance : sûr critère de valeur humaine. »

« L’angoisse de se sentir exister à la lisière de deux états biologiques, de deux structures mentales, et d’être, parmi les adultes bornés, un phénomène d’enfance et de génie ? Peut être une telle angoisse appelle t elle à la mort ? »

 

 

Je me demande parfois si l’enfance n’arrive pas un peu tôt dans la vie. J’ai parfois la sensation que je n’étais pas prêt à être un enfant, simplement un enfant, ou en tout cas à être, à faire ce que l’on attend généralement d’un enfant, et que cette enfance je n’en ai pas profité parce que sans doute elle me faisait peur. Je me la suis réappropriée progressivement mais bien plus tard dans la vie, après l’adolescence même, ou vers la fin de l’adolescence, ça dépend finalement de ce que l’on appelle l’adolescence. Longtemps j’ai regretté de ne pas avoir vécu pleinement mon enfance. Maintenant je me rends compte que je n’ai pas de regrets à avoir. Et même je n’en ai plus. Je ne considère pas l’enfance comme un paradis (référence au vert paradis de Baudelaire) et donc mon enfance ne doit pas être prétexte à de doux regrets et à un certain attendrissement qui flirterait presque avec de l’apitoiement. Car l’enfance n’est pas, il me semble, le temps de la gentillesse, des sourires, de la facilité. Au contraire. Peut-être que c’est une quête. Et même une quête pénible qui, comme toute quête, comporte de très nombreux obstacles toujours prêts à nous faire trébucher. Le besoin de croire au paradis sur terre est grand. Mais même le paradis que l’on a tendance à vouloir attribuer à l’enfance est faux. Peut-être même que la naïveté que l’on attribue généralement à l’enfance n’existe que dans notre imaginaire collectif. Et peut-être que les enfants ne sont absolument pas naïfs. Finalement je pense même au contraire que la plupart des enfants sont bien moins naïfs que leurs aînés. Et je ne suis pas sûr que ce soit une chance car cette fine et juste capacité de perception du monde qui entoure les enfants leur est offerte bien tôt dans la vie. Bien avant qu’ils ne se soient forgés les armes qui leur permettraient de s’en protéger. En fait en grandissant on finit par oublier certaines réalités du monde qui nous entoure. Et ça nous soulage en quelque sorte. Moi je pense pourtant que l’ordre des choses devrait être inversé. Je ne sais pas si j’ai tort ou si j’ai raison. En tout cas je ne me suis jamais senti aussi enfant que depuis quelques temps. Et maintenant c’est agréable. Et il me semble que je suis prêt à l’être. Je suis armé. J’ai remarqué bien souvent que les enfants de parents qui ont une vie (ou qui ont eu une vie) un peu marginale, un peu décalée, ont une enfance paradoxalement très équilibrée (parfois même à l’excès mais ça c’est affaire d’appréciation personnelle je crois). Enfin en tout cas une vie décalée n’est absolument pas synonyme de déni d’éducation ou de laxisme. Au contraire on assiste souvent à une approche de l’éducation différente de celle que j’ai connue. Non pas que je remette en cause celle que j’ai reçue. Mais je constate simplement qu’il y a des voies alternatives qui semblent efficaces et incroyablement humaines. Une approche de l’éducation axée sur la découverte, la stimulation de la curiosité et du rêve, la confiance. Tentant dans la mesure du possible de trouver une alternative à la politique des interdits et des obligations. Une éducation misant sur le dialogue, l’intercompréhension et la tolérance. J’ai plusieurs amis ou connaissances qui ont des enfants, d’âges différents, que je connais un peu ou pour certains que j’ai seulement aperçus ou croisés. Ces amis ont pour la plupart un mode de vie singulier, des choix de vie différents de ceux auxquels j’ai été confronté. J’ai envie de demander à ces enfants, à Brandi (qui est née sur l’île de la Réunion puis qui a grandit en France pendant près de 10 ans et qui va retourner sur l’île de la réunion avec son papa, sa maman et son petit frère à partir du mois d’août 2007 pour y vivre), à Manon (qui a beaucoup voyagé avec son papa qui a monté une association et essaie de vivre de sa passion, la musique Dub et qui produit différents artistes musicaux mais aussi des conteurs africains et qui édite un fanzine sur la culture Dub et tout cela marche finalement plutôt bien) et enfin à Julien (que je connais moins, mais qui si je ne me trompe pas, a une maman qui a ou en tout cas qui a eu une vie très marginale), voilà j’ai envie de leur demander comment ils ont vécu leur enfance, ce qu’ils en retiennent, comment ils la vivent encore aujourd’hui, si la vie leur semble facile, s’ils ne s’ennuient jamais, s’ils savent ce qui leur plait et ce qui ne leur plait pas dans ce qu’ils ont vécu. Tout cela est encore en construction dans ma tête mais en confrontant les récits de ces enfants à ma propre expérience d’enfant (qu’il va falloir que je découvre un peu par le biais de mes parents ou grands parent parce que je me rends compte que je ne me rappelle pas de grand-chose en fait de mon enfance) je veux essayer de construire un récit documentaire.
par le lézard publié dans : enfance
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Samedi 2 décembre 2006

Les temps de la rave. L’objet de ces temps n’est-il pas seulement la recherche de la teuf idéale ? Oui mais alors de celle qui me permettra le mieux de m’approcher de moi, d’avoir la sensation de moi. La teuf idéale exige, me semble t-il, que plusieurs conditions soient réunies : des gens motivés, ouverts et avec tous la même envie à partager, à savoir, faire la fête. Finalement je crois que c’est ça le dénominateur commun : faire la fête, s’unir, comme communier dans la fête. Et en même temps c’est une communion un peu particulière. Les gens sont nombreux sur le même lieu, pour faire la même chose, mais ils se rencontrent assez peu. Ce sont souvent des groupes d’amis déjà constitués qui ne se mélangent qu’en de rares occasions. Alors c’est vrai il est bien légitime de se demander ce que l’on peut bien avoir à partager dans ces conditions. Peut être simplement la même envie de goûter à soi et à la vie.

 

Parfois j’arrive à complètement oublier la teuf. Avoir la sensation du ridicule, ne même plus être en mesure de comprendre ce qui me pousse si souvent à y aller. Il y a dans la vie tellement de choses qui vont au-delà de la teuf, qui dépassent cette réalité modifiée, ce petit paradis artificiel. Je n’ai pas d’explications à donner, je n’y comprends moi-même rien, c’est quelque chose qui me dépasse à vrai dire. Je sais seulement que cette étrange sensation de remplir ma vie d’inutile me parvient à chaque fois, que, pour d’obscures raisons, ou en tout cas c’est ce que je feints de croire, mon cœur est noué. Je sens d’ailleurs parfaitement bien tous ces nœuds que j’ai autant envie de défaire que de serrer plus fort encore.

Peut être que la teuf est parfois une manière pour moi de crier, un cri gratuit auquel je n’attends nulle réponse, un cri dans la nuit de préférence mais ça c’est une affaire de goût ou d’esthétique car ce qui compte au fond c’est la nature et le sens, s’il en a un, de ce cri.

 

Vaincre le temps. Je sais bien au fond de moi que c’est une lutte inégale, un combat désarmé mais le temps, lui, n’a pas besoin d’armes pour avancer. Tous les moyens sont bons pour tenter de lui résister mais finalement il a toujours le dernier mot et pire encore il nous laisse nous enliser dans des irréels idéaux qui parviennent à nous bercer avant de nous réveiller en hurlant. Mais pour qui se prend-il cet enfoiré, à qui pense-t-il avoir à faire ? La guerre est loin d’être finie (a-t-elle d’ailleurs déjà commencé ???), en tous les cas j’ai déjà remporté plein de combats. Alors bien sûr, avec le mode de vie que j’ai adopté il y a de très grandes chances pour que le temps gagne l’ultime combat. Mais au fond le dernier je m’en fous pas mal, il sera seul à fêter sa victoire et la vie sera déjà loin. Puis de toutes manières je ne me rendrai peut être jamais compte qu’il a gagné. Par contre toutes mes petites victoires je serai là pour les célébrer. Tandis que le temps n’aura même pas conscience d’avoir échoué. Et à tout bien y réfléchir c’est peut être là sa force. La nature n’a pas conscience des crimes qu’elle commet. Mais nous, pauvres hommes, simples mortels, avons conscience du malheur que nous produisons et que nous répandons. Mais aussi du bonheur et du plaisir !

 

La teuf est une harmonie, une symphonie. Elle n’invente rien, elle ne créé rien, mais elle assemble, rassemble, concentre. Elle organise le chaos qui règne à l’intérieur de chacun. Elle permet aussi d’en mesurer le poids.

 

Samedi 14 octobre 2006. Jusqu’aux alentours de 23h30, mon programme de vieil ours casanier suivait tranquillement son cours et j’étais à deux doigts d’aller me coucher lorsque mon téléphone sonna. Alors je galère un peu pour le retrouver et je me speed pour ne pas avoir à rappeler parce que je n’ai plus de forfait. C’est un pote au téléphone. C’est David. Et il m’appelle pour me proposer de bouger en teuf. En gros ça donne : « Ouais Polo, c’est David ça va ? T’es pas encore au lit ? _ Euh nan pas encore tout à fait_ Bon dis moi il y a une petite soirée si ça te dit en direction de Bordeaux à environ 1H30 d’Angoulême._ Bah en fait pourquoi pas oui mais bon c’est que là il est quand même déjà un peu tard et j’ai des galères avec ma caisse donc franchement non je sais pas trop là. (je fais le gars un peu pantouflard qui tente de se dérober comme il peut)_ Ecoute Polo si ça te dit de m’accompagner je passe te chercher et on y va ensemble. _ Bon bah allez c’est parti alors je t’attend à la maison, c’est sympa et puis depuis le temps qu’on en parle ça me fait plaisir qu’on aille se faire une tite teuf tous les deux. A tout à l’heure ! _ Ca marche c’est cool je te dis à tout à l’heure alors ! Je suis là d’ici ¾ d’heure environ, le temps de faire la route. »

Et on a raccroché. Il se tapait quand même un aller retour de 40 bornes pour venir me chercher alors qu’il était déjà bien avancé sur la route en direction de la teuf. Vraiment sympa ce mec je me rappelle m’être dit. En l’attendant j’ai rien fais d’extraordinaire, j’ai mis un pack de bières au frais et je me suis couvert pour sortir. J’ai fais un petit tas avec toutes les tites affaires que je voulais emmener. Et j’ai attendu en jouant avec mes chats. Puis j’ai rempli leurs gamelles et vers minuit et demi mon pote est arrivé. On a bu une bière puis il m’a demandé si j’avais du bon son pour la voiture. Alors j’ai fermé la porte, on est passés à ma voiture, j’ai pris ma pochette de Cd’s et on est montés dans sa voiture. J’ai glissé un skeud dans l’autoradio, un mix hardtek tranquille, mais très riche. Enfin je trouve. C’était un mix de Marie des Subsonik. Le mix 14 je crois. Ca plaisait aussi à David et il a démarré. Je lui ai demandé s’il avait l’info exacte. Il m’a juste répondu qu’il savait à peu près où ça devait se dérouler mais qu’il n’avait aucune certitude ni sur le lieu, ni si la soirée se faisait vraiment ou pas. En pensées je me souviens m’être dit un truc du genre « cool on va devoir chercher un peu ». Ca peut paraître étrange d’être content d’avoir à galérer pour trouver. Mais moi je crois qu’une teuf il faut la mériter. Il faut la dénicher. Et ça me plait de chercher. C’est un moment agréable car on se sent un peu comme dans un jeu de piste, comme dans la peau d’un aventurier. Une sensation comparable à celles qui laissent un goût de menthe dans la bouche des enfants. Et on a cherché. Il connaissait la sortie qu’il fallait prendre. Restait à trouver le bon chemin. A l’ancienne comme on dit, à l’oreille.

 

La teuf est une harmonie de couleurs, de sons, de sentiments, de sensations, d’émotions. Elle est une manière de grandir en ce qu’elle permet simplement de sentir les plus grands dangers sans trop se mettre réellement en danger. Ce sont des propos que j’ai recueillis au cours de mes premiers entretiens. Et je m’autorise à les approprier car, d’une part mes interlocuteurs sont d’accords, et d’autre part ils l’ont dit tel que j’aurais aimé le dire. Et sur cette base j’ai pu y réfléchir et m’interroger sur mon ressenti propre. Donc avec un peu de recul je me rends compte que quand je vais en teuf, avant même de mettre le contact de ma voiture j’ai le cœur qui bat très fort. Mon pouls s’accélère brusquement sans trop que je sache pourquoi. En fait, à chaque fois j’ai peur, de quoi je ne sais pas mais je suis terrifié. Je me rappelle qu’à l’arrivée à proximité de certains grands rassemblements, ma jambe droite, celle qui appuie sur l’accélérateur, tremblait à tel point que je me demandais si j’allais arriver à conduire jusqu’au bout. Je suis à chaque fois dans un état de tension singulier, très puissant. Peut être qu’au fond de moi je sais ce que je vais y trouver : MOI. Le trajet est une métaphore de la route qui mène à soi. Une route longue et sinueuse que les chemins de terre à travers la forêt savent parfaitement illustrer. Et la nuit. Qui est la nuit ? Le créateur ? Le protecteur ? C’est le toit de la bulle. Je vis dans une bulle dont le dessin ne me parvient pas. Je n’en discerne pas les contours mais je la sens. Quand je vais en teuf ce n’est pas pour en sortir, mais seulement pour la regarder en face, essayer d’entrer en contact avec elle, elle qui me connaît si bien, mieux que moi-même. C’est ce qui fait qu’en teuf le jour et la nuit ne se ressemblent pas. Ils ne se connaissent même pas, ne se parlent pas. Le lever du soleil m’indique qu’il va falloir que je retourne dans ma bulle. Et avec un peu de chance j’y aurai une plus grande place. La bulle n’est pas une prison car elle a l’avantage d’être élastique. On peut la déformer à volonté. En fait on peut aller en teuf toute sa vie ou en tout cas tant que la bulle n’éclate pas. On peut aussi faire le choix de la percer afin d’en sortir. Peut être que c’est ça grandir mais moi j’y crois pas. Moi je crois que grandir c’est faire grandir la bulle et grandir avec elle. Et tant que j’arrive à m’y faire assez de place je peux y grandir. Si je vais en teuf ce n’est donc pas parce que je refuse de grandir, d’être adulte (j’ai horreur de ce terme parce que je suis convaincu qu’il y a autant d’adultes de 10 ans que d’enfants de 50 ans). C’est juste que je souhaite grandir sans me perdre de vue. C’est peut être pas très courageux mais à quoi bon sauter dans le vide sans savoir où je vais atterrir. Au moins si je tombe dans ma bulle je pourrais rebondir. Et retomber, et rebondir encore ! Et puis qu’est ce que ça peut foutre que je préfère le trampoline à la corde à sauter ? La teuf est aussi un moyen de fuir la réalité. Mais quelle réalité ? Moi la seule réalité que je connaisse c’est celle que je construis. Avoir les pieds sur Terre ça n’a aucun sens nous les avons tous. Ce qui a un sens c’est de savoir où on met les pieds pour avancer. Parce que c’est ça qui compte dans le fond avancer. On parle beaucoup d’équilibre, d’harmonie avec soi même mais pour moi ça c’est la mort et rien d’autre. Je ne serai jamais en harmonie avec moi-même parce que je ne cherche simplement pas à l’être. Je me chercherai toute ma vie parce que je pense que personne ne peut se trouver. Finalement je dois être un peu fou, en allant en teuf je me cherche mais en nourrissant l’espoir secret (ou pas) de ne jamais parvenir à me trouver.

 

De temps en temps j’ai besoin d’interrompre le flot de mes pensées. Et pour ça j’ai besoin d’aide. Les teufs remplissent mystérieusement bien ce rôle. Elles me disent où aller quand je suis un peu paumé. En fait mon documentaire c’est un hommage. Un hommage à celles qui ont le mieux su me guider, m’orienter comme me désorienter. C’est le seul moyen que j’ai de les remercier. Mais je dois aussi penser à les protéger. Les teufs sont vivantes, elles ont une âme mais elles savent garder les secrets. Et elles ont bien des choses à cacher. Mais elles savent aussi s’exprimer. A travers le son. Il est toujours présent. Et une teuf sans son n’en serait pas une car elles ne pourraient pas parler. Le son je l’aime, j’ai appris à l’aimer, sans jamais me lasser. Ca pourrait peut être être n’importe qu’elle autre musique. Mais en ce qui me concerne j’opterai alors pour une musique triste et les teufs ressembleraient alors bien plus à des enterrements qu’à ce dont elles tirent leur nom : des fêtes. Non pas que la tristesse soit un sentiment plus fort que la joie, mais je crois en tous cas qu’il est plus riche, plus accessible. Et la tristesse est une forme de fête. C’est peut être pour ça qu’on a l’air si tristes en teuf parfois. Mais en fait on ne l’est pas. Ou alors si mais on est bien. Je pense qu’on s’en lasse parfois. De la tristesse. Mais aussi de la teuf. Mais l’une comme l’autre revient toujours nous chercher. Parfois pour nous sauver. Parfois pour nous accompagner. D’autres fois pour nous faire chier. Dans tous les cas le résultat est le même car la tristesse est une forme de joie et donc dans tous les cas la teuf est bien une fête. Les gens les plus triste sont souvent ceux qui n’ont jamais l’air de l’être. Les plus belles fêtes sont celles qui se déroulent à l’intérieur de nous.

 

J’ai rencontré David en teuf un week-end d’août 2006. Teuf Barbiturique, je me souviens, bon esprit, bonne ambiance, un site magnifique, clairière enfouie au cœur des bois, une belle nuit étoilée. 200 personnes attendues. Arrivée 23h en merco avec un pote. On est partis tous les deux, à l’arrache, sans nos chéries, quartier libre ! On a papoté un peu avec des travellers adorables, la trentaine, surexcités. Ils sautillaient dans tous les sens et affichaient un sourire aveuglant. Puis on s’est dirigés vers le son. Un son net, bien branché, ça claquait. D’la bonne hardtek qui galope, comme on l’aime. On est restés posés un moment devant les enceintes puis on a bougé faire un tour de terrain, rencontrer les gens, jeter un œil sur ce qui traîne. Je m’souviens que j’étais un peu euphorique, mon pote aussi. Comme des mômes qui redécouvrent les joies simples de courir dans la forêt, d’observer la lune, les étoiles, le tout sublimé par les jeux de lumière qui entouraient le mur de son. Et puis le son. Ses basses lourdes qui font vibrer nos organes. Explosion des sens, sensation de soi. On aspirait plus qu’à une seule chose : s’amuser, danser et profiter du son jusqu’au bout de la nuit. Nous promener dans des chemins qui pouvaient représenter les méandres de nos âmes, bercées par le son, absorbés par la forêt. Comme nus face à nous-mêmes, s’apprécier, se sentir vivre, sentir son corps exister, quête perdue d’un monde invisible mais enquête sur soi, sur soi et soi, sur soi et son corps, enfin sur soi et les autres, sur les autres et soi. Quête d’un en soi qui n’en finit pas.

 

La musique à elle seule peut parvenir à déclencher une transe. Non pas seulement par les notes dont elle est composée. Mais en se liant à mes pensées enfouies elle parvient à réveiller des émotions d’une intensité foudroyante. J’écris ça parce que je viens à l’instant d’en faire l’expérience. J’ai mis un CD, un mix que j’aime particulièrement, puis j’ai posé mon crayon, je me suis allongé, j’ai fermé les yeux et je me suis laissé aller. Et j’ai été pris dans un puissant tourbillon de joie. Une sorte de « flash ». Envie indescriptible, irrépressible de danser. Tout seul, chez moi, comme ça, simplement. Une expérience que j’ai déjà sans doute faite auparavant, mais sans en avoir conscience, sans trop réaliser. Là j’ai compris ce que cette musique déclenche à l’intérieur de moi en teuf. Avant d’entendre les premières notes, tout en moi et autour de moi est plus ou moins organisé, linéaire. Mais quand le son s’invite en moi il provoque un chaos merveilleux. Je me sens alors pleinement vivre et je prends conscience de mon corps mais aussi du lien puissant qui le lie à mon esprit.

par le lézard publié dans : altertek
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Mardi 17 octobre 2006
Qu’est ce qui fait peur en teuf ? Qu’est ce qui rend ces soirées si effrayantes aux yeux de gens qui n’en connaissent que ce qu’ont choisi de leur montrer les médias ou quelques sociologues? Sociologues qui, et je l’ai encore lu dans un article glané sur internet ce lundi 16 octobre 2006, avouent eux-mêmes ne pas avoir l’impression de faire une étude complètement vraie car ils n’ont jamais goûté à la drogue. Mais attention je ne viens pas de dire que pour comprendre ce que sont les teufs il faut impérativement goûter aux psychotropes que l’on peut assez facilement se procurer au détour d’un chemin. Non je rapporte seulement les propos que j’ai lus et ce que j’ai lu c’est que ce sociologue dit ne pas se sentir entièrement un observateur participant puisqu’il ne se drogue pas. Moi je ne suis pas vraiment d’accord avec lui parce que à mon sens il est totalement en position d’observation participante à partir du moment ou, tout simplement, il participe à ces soirées. Et donc il la vit de l’intérieur à condition de se laisser aller à discuter avec les gens, à écouter la musique et à laisser son corps s’exprimer en réaction à celle-ci. Il est observateur participant à part entière je crois s’il ne se met pas de barrières. Mais disons que moi, je suis observateur participant à part entière dans le sens ou il l’entend. Eh bien je ne crois pas que je verrai autre chose que ce qu’il pourrait voir lui-même. Par contre ce week-end je me suis rendu compte d’une chose : c’est que je comprend bien plus de trucs sur les teufs si je m’y rend tel que j’avais l’habitude de m’y rendre avant d’entreprendre de réaliser un documentaire sur ce sujet. C'est-à-dire en m’y rendant dans le seul but de m’amuser, de faire la fête et, puisque c’est la manière que j’ai de le faire, de célébrer la vie. Enfin je vais vous raconter un peu cette soirée. Mais cette fois ci je ne rentrerai pas dans les détails. Pas encore. Pas envie de tout dévoiler. Pas envie de briser le mystère qui règne autour des teufs. Finalement je ne sais pas si j’ai choisi le bon sujet car j’ai de plus en plus la sensation de mettre à nu la magie. D’un autre côté j’ai envie de permettre aux gens de comprendre ce que c’est. Et puis en fait je ne suis pas vraiment obligé de décortiquer les teufs comme on le ferait avec des crevettes. D’ailleurs la magie je ne suis pas obligé de la disséquer pour la transmettre au moins un petit peu, un magicien ne révèle pas ses tours donc je n’ai pas à révéler ceux des teufs. Et puis je ne suis pas journaliste. Samedi j’ai passé l’après-midi avec Adrien dans le quartier de Ma Campagne à Angoulême à l’occasion des jours ORU : Opération de Renouvellement Urbain. Une journée était organisée pour expliquer aux habitants en quoi allait consister les travaux de réhabilitation et quelques animations telles que descente en rappel du haut d’un immeuble, discours du Maire d’Angoulême, expositions de photos, projection de films. J’avais accompagné Adrien pour filmer afin qu’il puisse discuter facilement avec les gens et se faire des contacts. Nous sommes partis un peu avant 18 heures, après un verre de l’amitié offert par la municipalité. Nous étions tous deux un peu crevés car nous n’étions pas là en touristes et donc maintenir une nécessaire concentration tout l’après midi c’est difficile quand on en a pas l’habitude. Mais je pense que c’est un bon exercice. Bref toujours est-il que nous étions fatigués et que nous sommes allés boire un petit verre chez Adrien puis je suis rentré chez moi peu après avec en tête l’intention de me poser. Je n’imaginais pas remettre le nez dehors avant dimanche et encore si ce n’était pas avant lundi. Et pourtant. Jusqu’aux alentours de 23h30 mon programme de vieil ours casanier suivait tranquillement son cours et j’étais à deux doigts d’aller me coucher lorsque mon téléphone sonna. En même temps ça ne m’étonnait pas tellement parce que j’ai plein d’amis qui essaient de m’appeler à toute heure du jour ou de la nuit. Alors je galère un peu pour le retrouver et je speed pour ne pas avoir à rappeler car je n’ai plus de forfait. C’est un pote au téléphone. Et il m’appelle pour me proposer de bouger en teuf. En gros ça donne « Ouai Polo c’est D., ça va ? T’es pas encore au lit ? _ Non non pas encore tout à fait _ Bon dis moi il y a une petite soirée si ça te dit en direction de Bordeaux à environ 1 heure 30 d’Angoulême. _ Bah en fait pourquoi pas oui mais bon c’est que là il est quand même un peu tard et puis je galère avec ma caisse donc franchement non je sais pas trop là. (Je fais le gars un peu pantouflard qui tente de se dérober comme il peut) _ Ecoute Polo si ça te dit de m’accompagner je passe te chercher et on y va ensemble. _ Bon bah allez c’est parti alors je t’attend à la maison, c’est sympa et puis ça me fait plaisir que l’on aille se faire une petite teuf tous les deux depuis le temps qu’on en parle. A tout à l’heure. _ Ca marche c’est cool je te dis à tout à l’heure alors. Je suis là d’ici Ÿ d’heure environ, le temps de faire la route. Et on a raccroché puis je suis allé mettre un pack de bières au frais. En attendant mon pote j’ai rien fais d’extraordinaire. J’ai bu un jus d’orange je crois ou un orangina plutôt. Et je suis allé me changer. Pas pour mettre mon plus bel habit de soirée non pas du tout. Mais tout simplement bien me couvrir parce qu’il fait déjà froid la nuit en ce moment, surtout dans les bois. Puis aussi parce qu’il vaut mieux mettre des fringues qui ne craignent rien, il y a souvent de la boue, des cendres et il faut se sentir à l’aise dans ses fringues, pouvoir s’asseoir ou s’allonger par terre sans craindre de se salir. Pouvoir jouer avec les chiens aussi et donc avoir des fringues résistantes parce qu’ils n’ont pas toujours conscience de leur force quand ils jouent. Ils ne sont pas méchants loin de là. Mais faut les comprendre ils sont dans la nature, pour eux aussi le week-end est un moment attendu avec impatience car ils vont avoir tout loisir de se défouler en plein cœur de la nature. Alors ils sont un peu fous fous. Enfin du coup je vais mettre un fut résistant et qui ne craint rien. Un treillis. Il est chaud, je l’ai pas payé cher et il a plein de poches. Et c’est pratique les poches quand on va en teuf. Parce que la plupart du temps la voiture est garée super loin du son et qu’en général on aime bien pouvoir trimbaler sa petite vie sur soi : de l’eau pour moi, de l’alcool pour d’autres, mais aussi son couteau, son portefeuilles, son téléphone, sa lampe de poche, ses clés (et là il vaut mieux prévoir d’avoir au moins une poche zippée) et j’en oublie certainement mais de toutes les façons ça dépend de chacun. Et puis on s’en contrefout d’ailleurs de savoir qui emmène quoi. N’empêche qu’il y a des trucs pratiques qu’on est content d’avoir sur place. La lampe de poche par exemple je l’ai oubliée ce soir là. Et D. n’en avait pas. Autant vous dire qu’on a galéré ! Le terrain était accidenté, c’était au bord d’un lac et donc il y avait du sable, des trous. Galère sans lumière. Enfin voila le choix des fringues c’est pas vraiment pour se donner un style. Bien sûr mon treillis est kaki. Mais c’est surtout parce que ce sont les treillis que l’on trouve le plus facilement à bas prix dans les surplus militaires. J’ai mis ma parka également ce soir là. Kaki elle aussi. Mais je la trouve belle cette parka. Et c’est mon inséparable compagnon de route. Puis surtout elle est chaude, on ne transpire pas dedans, je ne l’ai pas payée cher et elle a de grandes poches. Les poches encore. Mais des grandes poches cette fois, pour pouvoir mettre des bières, sa lampe de poche et aussi une bouteille d’eau ou d’alcool. Moi elle me servent aussi de poubelle comme ça je ne jette jamais rien par terre. Vers minuit et demi mon pote est arrivé. J’ai nourri mes chats et D. m’a demandé si j’avais des Cd’s de son. Alors j’ai fermé ma porte, on est passés à ma voiture, j’ai pris ma pochette de Cd et on est montés dans sa voiture. Une belle voiture, une volgswagen toute neuve, super équipée. J’ai mis un cd dans l’autoradio, un mix hardtek tranquille mais très riche. Enfin je trouve. C’était un mix de Marie des Subsonik. Le mix 14 je crois. Ca plaisait aussi à D. et il a démarré, nous sommes partis. J’ai demandé à D. ou est la teuf et s’il avait l’info exacte. Il m’a répondu qu’il savait à peu près ou ça devait se dérouler mais qu’il n’avait aucune certitude ni sur le lieu ni si la soirée se faisait vraiment ou pas. En pensées je me souviens m’être dit un truc comme « cool on va devoir chercher un peu ». Ca peut paraître étrange d’être content d’avoir à galérer pour trouver. Mais je crois qu’une teuf il faut la mériter. Il faut la dénicher. Et ça me plait de chercher. C’est un moment agréable car on se sent un peu dans un jeu de piste. On se sent dans la peau d’un aventurier. La part enfant de chacun peut alors toute entière s’exprimer. Et on a cherché. Il connaissait la sortie qu’il fallait prendre. Restait à trouver le bon chemin. A l’ancienne comme on dit, à l’oreille.
par le lézard publié dans : altertek
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Mardi 17 octobre 2006
Moi _ Donc euh…Roof, j’aurais aimé que tu me parles de tes expériences en rave-party. Roof _ D’accord, euh… Moi _ Depuis quand, savoir un peu depuis quand t’y vas euh… Roof_ Ouais, euh, bah en fait j’ y avais été les premières fois c’était en…vers euh…autour de chez nous là en Charente Moi _ Ouais… Roof _ avec Coco ça remonte déjà à un petit bout de temps j’avais pas été vraiment charmé par le truc y’avait pas vraiment aussi peut être eu les choses qu’il fallait pour me mettre dans la bonne ambiance et puis, euh, au fur et à mesure j’en ai refais quelques unes qui, euh, qui ont été vraiment différentes, donc voila, euh toujours dans la Vienne, les Deux-Sèvres ou les Charentes. Moi _ Ouais t’es resté dans le coin… Roof _ Ouais dans le coin et puis, euh, au fur et à mesure, après, on a fait des trucs qui étaient un petit peu plus éloignés et puis euh, bah voila à partir de là quand même ça a commencé à me plaire pas mal, euh, comme par exemple celle, euh, y’a, ouais récemment, ouais, euh j’ai du commencer à partir en teuf avec Coco y’a quoi y’a trois ans… Moi _ D’accord… Roof _ Trois, ouais, trois ans et demi un truc comme ça, y’a deux, euh, un an, un petit peu moins d’un an donc on a fait, euh, on a fait pas mal de trucs qui étaient pas euh…et euh, donc c’était pas vraiment le truc quoi, et puis y’a quelques années après on a commencé à faire des trucs qui, par exemple euh, donc l’année dernière Barcelone euh… Moi _ Ah ouais donc là t’a été plus loin Roof _ Ouais voila là on a été, euh, on est sortis un petit peu et on a découvert vraiment euh, une autre teuf quoi, c’était pas vraiment euh…une autre fête quoi… Moi _ D’accord, ouais, mmh mmh Roof _ Vraiment différente. Moi _ Ouais euh c’est au niveau de l’ambiance tu veux dire euh…du son ou… Roof _ Au niveau de l’ambiance déjà. Moi _ Ouais… Roof _ Au niveau du son pas euh, ouais, pas vraiment euh pas vraiment. Moi _ Plutôt les gens euh, les gens étaient plus de bonne humeur euh ? Roof _ Plutôt les gens et ouais plutôt le climat total du truc quoi… Moi _ Ouais, mmh mmh. Roof _ avec l’esprit euh comment te dire, euh, l’esprit ou t’arrives tu te poses et puis, euh, et puis voilà ça devient un petit village autonome un peu pendant trois, quatre jours… Moi _ Ouais voilà ce qu’on attend un peu des teufs normalement… Roof _ Ce qu’on attend un peu des teufs normalement et ce qu’on, ouais ce qu’on a plus trop…enfin moi ce que j’ai pas trop connu parce que, euh, comme ça fait très peu de temps que j’ai commencé… Moi _ Ouais c’est vrai que t’as pas connu les free en France comme c’était euh y’a… Roof _ Exactement, exactement Moi _ donc les Zones d’Autonomie Temporaire Roof _ voila… Moi _ parce qu’à la base c’était ça… Roof _ Et donc j’ai été obligé d’aller chercher ça à l’étranger et ça ça m’a vraiment, euh, ça ça m’a vraiment euh… Moi _ D’accord… Roof _ ça m’a vraiment plu et depuis bah je, euh, on continue tout le temps à en faire euh, mais avec cet objectif d’essayer vraiment de faire les, les trucs étrangers euh… Moi _ Mmh mmh Roof _ Essayer de découvrir d’autres choses parce qu’en France je pense que c’est euh, le mouvement va peut être arriver sur un…a pris peut être une ampleur tellement importante… Moi _ Mmh mmh Roof _ qu’on est arrivés maintenant à un point où…bah ouais c’est plus du tout pareil qu’avant quoi. Moi _ Ouais et tu penses pas que ça justement ça euh, effectivement avec les lois 2002 euh… Roof _ Ouais ouais Mariani… Moi _ les gens sont devenus un peu limite méfiants et, mais tu penses pas que maintenant c’est en train un peu de revenir, enfin t’as pas la sensation euh, moi c’est la sensation que j’ai un petit peu, euh les dernières petites free que j’ai faites, euh j’ai l’impression que les gens étaient quand même plus motivés, plus joyeux euh… Roof _ Je pense que c’est peut être parce que toi t’as plus cherché à aller dans ce genre de teufs là… Moi _ Mmh mmh… Roof _ à aller dans ce genre de teufs un peu plus conviviales, ou euh, et un peu plus fermées euh, mais je pense que quand même le gros euh le gros du mouvement enfin si tu vois le mouvement euh, globalement, je pense que ça continue dans cet esprit là un peu plus euh… Moi _ Ouais ça se ferme tu penses… Roof _ Ouais, ouais. Moi _ Enfin ça se ferme et ça s’ouvre en même temps… Roof _ Ouais ! Ouais ouais je vois ce que tu veux dire ça s’ouvre à beaucoup de gens, beaucoup beaucoup de gens Moi _ Voila mais ça se ferme au milieu Roof _ Et ça se ferme au milieu un peu plus euh… Moi _ C’est un escargot qui rentre dans sa coquille et… Roof _ ouais, ouais, ouais ça peut être euh… Moi _ c’est un peu ça euh, il est en train de mourir par le fond quoi. Roof _ Ouais un petit peu. Moi _ Moi c’est vrai que je retrouve un peu pourtant l’esprit euh, bah effectivement peut être que je les cherche ou… Roof _ Ouais ouais Moi _ Et euh… mais quand même les gens que je côtoie euh on a tous l’envie que ça reparte un peu et que euh, et du coup, du coup, je pense qu’on peut y arriver à condition que euh, bah de changer certaines choses, d’essayer de revenir un peu comme avant euh c'est-à-dire arrêter de flyer dans les magasins euh comme les vinyleries les trucs comme ça euh parce que ça ramène… Roof _ ouais Moi _ Enfin les vinyleries voilà elles ont pignon sur rue même si c’est un vinylerie tek euh ils vendent aussi des petits accessoires enfin ça ramène des gens qui connaissent pas forcément et c’est pas pour les exclure et y’a quand même des gens euh enfin y’aller en touriste ça tue un peu le truc quoi… Roof _ Ouais je vois ce que tu veux dire Moi _ si tu adhères pas à l’esprit euh si t’es vraiment juste contemplatif ou alors si tu viens juste chercher des produits euh ça c’est pas… Roof _ Ouais ouais Moi _ Et euh moi je trouve que y a moyen de faire repartir ça je pense euh en reflyant au dernier moment, en ciblant les gens, en posant des infos euh… Roof _ Ouais ouais euh en balançant une info au dernier moment Moi _ Voilà ouais euh un peu comme la teuf à côté de Thouars là Roof _ Ouais je vois ce que tu veux dire Moi _ Bon le risque c’est qu’il n’y ait pas grand monde après quoi… Roof _ Ouais mais si c’est pour qu’il y ait moins de monde et que ça soit quand même beaucoup plus euh, et que tout le monde passe un meilleur moment Moi _ Voilà ouais Roof _ Que ceux qui y sont en tout cas passent un meilleur moment Moi _ Bah ouais ouais c’est ça ouais Roof _ Tu vois, après c’est peut être que y’ a peut être peu de gens qui cherchent ça aussi à l’intérieur de ce milieu là quoi peut être qu’il y a beaucoup plus de gens, enfin beaucoup plus de euh, ouais de teufeurs, qui cherchent maintenant, euh, des gros rassemblements je sais pas parce que moi c’est pas du tout ce que je cherche mais peut être que si y en a tellement c’est qu’aussi beaucoup de monde veut y aller donc je sais pas Moi _ Bah ouais ouais ça c’est sûr mais euh je pense que les gens sont partagés Roof _ Peut être que justement le truc va se diviser un peu en deux, euh, des teufs un peu plus euh, y’aura touj…euh, peut être que ça va redescendre à un niveau sur des teufs un peu plus, euh, underground ECLATS DE RIRE Moi _ Ouais bah c’est ça en plus Roof _ c’est ça en plus et puis qu’il y aura toujours des teufs euh…bah oui parce que ça y en aura toujours euh des teufs au parce des expos euh on y est arrivé quand même Moi _ On y est arrivés ouais…la fête de la musique effectivement c’était euh c’était spécial quoi t’avait un peu tout le monde euh déjà qui… Roof _ Ou ça ? Moi _ A la fête de la musique, au Parc des expos euh… Roof _ A Poitiers ? Moi _ A Poitiers ouais euh Roof _ Ah bah j’y étais… Moi _ y a deux ans Roof _ Ah y a deux ans non j’y étais pas non non Moi _ Bah euh c’était spécial quoi effectivement on était un peu parqués et euh les gens qui voulaient écouter un peu de techno sans trop connaître se sont retrouvés entourés de teufeurs dans un pièce fermée et euh c’était très spécial et l’ambiance du coup ils ont essayé de s’adapter au plus grand nombre et tout puis ça a foiré euh c’était pas terrible c’est clair c’était pas terrible Roof _ Ah ouais ? Moi _ Ouais et y’a beaucoup de choses comme ça moi j’ai fais un premier de l’an y’a deux ans euh pareil euh c’était super glauque quoi, pas très loin d’ici là à Rouillac euh c’était dans une salle des fêtes et on était super nombreux mais le truc très commercial quoi euh… Roof _ Avec entrée payante et euh ? Moi _ Avec entrée payante, tatouage sur le bras et euh et puis des videurs partout enfin…et heureusement qu’ils étaient là les videurs parce que y’avait tellement de lascars que, euh, que que tu savais plus ou donner de la tête t’en avait toujours un qui t’apostrophait, qui avait quelque chose à te vendre mieux que son pote… Roof _ Enfoirés… Moi _ Ouais euh le truc ou t’en sors pas et euh c’est très long (soupir) Roof _ Ouais euh c’est même plus trop une teuf Moi _ Bah non non euh y’ a plus euh, y’a plus du tout l’esprit euh y a plus rien qui en reste là quoi c’est vraiment euh les gens viennent vraiment juste pour se percher la gueule au premier de l’an quoi et voilà… Roof _ Mais si tout ce monde là y va ça veut bien dire quand même que, qu’ils ont envie d’y aller, ils y vont pas euh on les force pas à y aller donc y’a quand même une grosse partie euh de, euh, du mouvement qui adhère à ça ouais Moi _ Alors ce qui est bizarre c’est que pourtant quand tu leur en parles, quand tu interroges les gens tu as l’impression qu’ils y vont presque par dépit Roof _ Ah ouai. Moi _ Au final parce que c’est les premiers à critiquer aussi alors c’est ça qui est un peu compliqué c’est que euh, ils critiquent et pourtant ils s’y rendent donc euh… Roof _ J’ai pas discuté avec beaucoup de gens sur ce sujet là… Moi _ Ouais enfin ouais voilà j’ai un peu l’occasion d’en parler euh avec des gens que je rencontre et tout et même s’ils sont adorables et tout mais bon ils vont critiquer ce genre de choses et pourtant euh bah voilà même si y’a rien du tout à faire, y’a pas une petite free et tout bah ils vont arriver à se dégoter un truc en salle euh… et moi j’ai pas du tout enfin je sais que j’ai pas cette recherche là enfin si y’a rien y’a rien et puis tant pis quoi je vais pas insister pour aller m’enfermer dans des grillages avec, euh, une ceinture de flics… Roof _ Mais y’a quelques années tu le faisais. Moi _ Y’a quelques années je l’ai fais ouais Roof _ Donc ouais donc d’une manière t’as vu c’est bien toi qui change un peu ton… ton style de fête quoi Moi _ Voilà ouais je pense tu peux te… tu peux faire ton parcours euh… Roof _ Ouais Moi _ faire évoluer le parcours puis bon à terme y’a…je pense qu’il y a une certaine maturité qui est…enfin il est possible de la trouver dans les teufs et c’est ce vers quoi tout va tendre euh…bah les petites free ou les choses comme ça… Roof _ Je vois ce que tu veux dire oui. Moi _ C’est pas toujours le cas mais je trouve que, enfin moi voilà celles que j’ai faites en les sélectionnant, quitte à en faire moins mais à en faire euh, voila à faire des, des teufs de qualité où tu sais que tu vas t’amuser et puis euh, quand tu le sens pas trop bah plus trop y aller par dépit… Roof _ Y’a aussi quelque chose qui est euh…, qu’on retrouve beaucoup dans ce genre de…de nouvelles fêtes c’est l’âge, la moyenne d’âge si tu regardes à mon avis Moi _ mmh mmh Roof _ La moyenne d’âge est peut être euh…ouais enfin pas…pas de moitié moins mais au moins de dix ans inférieure dans les petites free que…enfin voilà je remarque que euh…il doit y avoir beaucoup plus de jeunes qu’avant dans les grosses euh…au Teknival d’Angoulême par exemple bon ça se remarque un petit peu quoi Moi _ Y’avait beaucoup de jeunes ouais Roof _ Mais jeunes jeunes quoi euh… Moi _ Bah ouais ils viennent parce que c’est médiatique, et puis c’est interdit… Roof _ Ah ouais, ouais y’a ça aussi Moi _ Je pense qu’il y a un peu de ça euh…le côté un peu euh, voilà, interdit donc ah bah tiens direct moi je vais franchir ce euh… Roof _ Mmh mmh ce truc et puis je vais revenir chez mes parents en leur disant voilà euh je suis tout crado je reviens d’Angoulême j’y étais… Moi _ J’étais au Teknival euh… Roof _ Même si papa voulait pas euh… RIRES Roof _ C’est un peu ça peut être et je, ouais je pense que ça aussi c’était euh, cette ampleur que ça a pris chez les jeunes jeunes quoi ça a peut être un peu dé…euh…bah ça a tout changé voilà Moi _ ouais moi je trouve ça euh…ça a sans doute un peu effrayé les… Roof _ et ça a changé un petit peu les…ouais ouais les ? Moi _ les plus vieux euh peut être qui euh bah effectivement qui ont vu tous ces jeunes qui sont arrivés en groupe euh assez nombreux et qui venaient pas forcément trop trop pour la musique euh… Roof _ nan nan Moi _ qui venaient faire la fête euh, pas tous pour de mauvaises raisons je dis pas ça mais… Roof _ non non c‘est clair Moi _ mais pas forcément pour le son, euh pas forcément trop admiratifs du travail euh… Roof _ que faisaient les sons Moi _ voilà que les gars qui posent le son font Roof _ avec les free free où t’arrives, tu te poses, là qu’étaient plus du tout euh… Moi _ voilà ouai. Non là vraiment en plus euh arrivés euh on en voit quand même beaucoup je pense qu’ils arrivent et euh ils se disent voilà c’est une fête c’est organisé pour eux Roof _ c’est un festival Moi _ Ouais voilà et tout est organisé en plus c’est gratuit, c’est cool euh… Roof _ c’est gratuit… Moi _ ça doit être l’Etat qui paye allez hop on s’amuse. J’en vois beaucoup arriver un peu dans cet esprit et qui euh qui arrivent plus à se dire euh moi quand j’arrivais euh je sais pas en teuf à onze heures ou euh pas trop tard, 23 heures quoi et j’arrivais et la première chose que je faisais c’était m’avancer, allez voir les gars du son euh regarder à gauche à droite enfin ça leur fait plaisir tu sais qu’on euh…qu’on jette un œil euh à leur installation c’est souvent beaucoup de boulot euh… Roof _ Quand ils sont en train de monter par exemple encore quoi ou euh… Moi _ Bah ouais tu vois ça leur fais vachement plaisir… Roof _ Ouais ouais ouais Moi _ de voir que tu euh…tu vois bien que voilà y’a quelque chose que quelqu’un fait pour toi ; c’est pas juste euh bon bah voilà… Roof_ C’est pas l’Etat qui a avancé de…de l’argent pour faire un petit festival en plein milieu des bois Moi _ Ah nan ouais ça c’est net mais je pense que ça doit être gavé dans cet esprit là et c’est ça un petit peu qui essaime aussi.
par le lézard publié dans : altertek
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