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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /Oct /2006 11:06
Le documentaire sonore que je souhaite réaliser a pour sujet un mouvement qui s’est construit autour de la musique et d’une certaine idée de la vie en société. Ce mouvement porte différents noms mais pour synthétiser on peut parler du mouvement underground techno. Je souhaite apporter un éclairage sur les raves-party et ce en me servant de la musique pour porter mon récit. L’objectif de cet éclairage est d’essayer d’expliquer aussi simplement que possible en quoi consiste ces soirées. Je n’ai ni la prétention ni la volonté de faire des généralités et de vouloir expliquer en quoi consistent toutes les formes possibles et imaginables de raves-party en France ou à l’étranger. Je me limiterai donc à tenter d’expliquer, de faire découvrir ces soirées à travers celles qui se déroulent le week-end en Charente et que l’on qualifie de free party. J’essaierai également de mettre l’accent sur l’importance de ces soirées en matière de création d’une forme de lien social, en matière de rencontres riches et variées. J’essaierai également de faire visiter à travers la musique, des interviews mais également des bruitages une de ces soirées. Enfin je tenterai de répondre à certaines questions que les gens peuvent se poser sur ce type de soirées et notamment à une question que posent aujourd’hui les sociologues relativement au développement des raves-party : la rave est-elle un entre-deux, une phase transitoire, entre l’adolescence et l’âge adulte, est-elle un outil de construction de l’individu ou a-t-elle une existence propre ? Je reconnais qu’il est relativement ambitieux de vouloir à la fois raconter le plus simplement du monde en quoi consistent ces soirées tout en tentant en même temps de répondre à ces questions sociologiques. Et pourtant il me semble que c’est intéressant et que ce n’est pas impossible. D’ailleurs on dit souvent que rien n’est impossible. Je crois malgré tout qu’il y a des limites à ce raisonnement et je pense que je prendrai certainement conscience au fur et à mesure de l’avancée de mon travail de ce qui est de l’ordre du possible et de ce qui ne l’est pas. Si j’essaie d’imaginer à quoi pourrait ressembler ce documentaire sonore une fois achevé, je vois une sorte de grande partition musicale sur laquelle pourront se lire les rythmes de la rave, ses temps. La musique fera partie intégrante de ce documentaire et occupera une place essentielle au milieu des interviews, des ambiances sonores, de ma propre voix. Mais elle n’aura pas une place accessoire car je pense en effet que c’est bien, dans ce cas particulier, pour le traitement de ce sujet, la musique qui est la mieux à même de raconter les temps de la rave. Elle s’y prête doublement : d’une part parce que la rave n’existerait pas, n’aurait pas lieu d’être sans le son, sans la musique et d’autre part parce qu’en fonction du type de musique qui est jouée à un instant donné, en fonction du nombre de Battements Par Minute (on parle dans le jargon de « Bpm »), la rave évolue dans ses temps. La musique techno se prête donc bien à raconter une histoire parce que ses rythmes sont très marqués, c’est une musique syncopée et on peut la ralentir ou l’accélérer en jouant sur les Bpm sans que cela ne dénature la musique. C’est en quoi je pense qu’elle peut être un formidable outil, offrant de nombreuses possibilités. Je vois la musique techno comme un bloc de pâte à modeler que je vais pouvoir déformer, allonger, raccourcir à ma guise. J’aimerai réussir à faire en sorte que la musique, dans sa progression, dans ses variations, dans ses intensités, raconte une histoire. Une histoire simple. Le récit d’une soirée, du moment où ses participants l’attendent jusqu’au moment ou, exténués, ils regagnent leur lieu de vie. Ainsi, dans l’idée que je m’en fais, ce sont les morceaux d’interview, les bruitages, le son ambiant ainsi que ma propre voix qui illustreront la musique et non l’inverse. En y pensant j’essaie d’imaginer ce que peut être une musique qui raconte une histoire et ce qui me vient à l’esprit là comme ça en même temps que j’écris et bien c’est Pierre et le loup. Dans mes souvenirs la musique de Pierre et le loup fait exactement ce que je souhaite parvenir à faire : raconter un histoire. Ceci me confirme alors que c’est possible, me conforte dans mon idée, et quelque part, je crois, me rassure. Si j’ai besoin de me rassurer c’est parce que je sens que ça ne va pas aller sans difficultés. Difficultés de bien utiliser la musique, difficultés d’intéresser, difficultés de prendre suffisamment de recul, difficultés de bien expliquer sans tenter de convaincre. A présent je vais essayer de visualiser, ou plutôt d’entendre ce à quoi pourrait ressembler cette partition musicale si elle était jouée. Je ferme les yeux. Au commencement, des portières qui claquent, des crissements de pneus peut être. Oui des crissements de pneus, des bruits de véhicules, de moteur, de carlingue. Pas de musique dans un premier temps. Mais ces bruits sont en quelque sorte une musique. Pourquoi ces bruits ? Parce que je crois que les véhicules sont le point de départ d’une rave. Un élément indispensable car sans véhicule il n’y a pas de soirée. Parce que ces véhicules servent au transport du matériel d’abord, des gens ensuite. Le matériel est, en effet, extrêmement lourd et les lieux choisis sont souvent éloignés des habitations, difficiles d’accès. Cette phase de bruits serait en quelque sorte une introduction d’une vingtaine de secondes environ. Puis viendrait la présentation du documentaire. Toujours pas de musique. Ma voix sans aucune autre sonorité. « Morceaux de rave, un documentaire réalisé par PolO, 2006-2007. » Sur la fin de ma voix j’imagine bien, toujours sans musique, des verres qui s’entrechoquent, des bruits de bières décapsulées, puis des rires, des dialogues : tout ce qui pourra permettre à l’auditeur de se représenter un apéritif. Une vingtaine de secondes environ puis enfin la musique. Je garde présent à l’esprit qu’il faudra que je veille à amener une progression dans la musique pour que les non initiés puissent écouter ce documentaire sans que la musique ne les agresse trop brusquement. J’apporterai donc un très grand soin au choix des morceaux de musique. Et je ne ferai pas ce choix tout seul je m’entourerais à la fois de gens qui créent cette musique et de gens qui n’en ont jamais écouté afin de recueillir leurs avis. Je tiens toutefois à faire entendre à travers la musique toutes les facettes de ces soirées. J’essaierai d’habituer l’oreille à l’écoute de cette musique un peu particulière et réputée difficile d’accès. Le premier extrait musical sera donc un morceau de techno assez basique, appuyée par une mélodie connue de tous (je pense à la bande originale de Requiem for a dream de Clint Mansell ou bien encore à la musique de Matrix voir pourquoi pas partir sur une mélodie classique du type mix de la 9ème symphonie de Bethoven). Je réintroduirai progressivement sur la musique les cris des gens qui boivent l’apéritif en tentant de montrer que l’excitation semble atteindre un pic. J’imagine pour cette séquence une durée maximale de 30 secondes environ. Puis fin de la musique et des voix. Un silence d’une ou deux secondes. Et une sonnerie de téléphone pour que l’on puisse comprendre que nous sommes en interaction par le biais d’un téléphone ou bien des bruits de touches de téléphone assez caractéristiques. Ceci précèderait un message sur répondeur annonçant le lieu de la fête. C’est ce que l’on appelle l’infoline. Un système de messageries vocales protégées par un code confidentiel qui permet aux gens en sa possession de connaître l’itinéraire pour se rendre à la soirée. Ces messages sont souvent assez mal enregistrés et les personnes parlent souvent très vite et sont parfois difficiles à comprendre et ce d’autant plus que leur voix est régulièrement couverte par de la musique. L’écoute de l’infoline suit l’apéritif et introduit généralement le premier temps de la rave : la recherche.
Par le lézard - Publié dans : altertek
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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /Oct /2006 10:46
Samedi 07 octobre, vers 21 heures, j’envoie un texto à Quentin, étudiant également en M1 documentaire de création à Angoulême. Je lui demande dans ce message s’il y a du monde motivé pour aller boire un verre en ville. Quelques instants plus tard je reçois une réponse de Quentin me proposant de les rejoindre chez lui où il boit un verre avec Pierre également en Master 1 avec nous. Ma copine étant venue de Rennes vendredi soir afin de me faire une surprise, je précise à Quentin que je serai accompagné et je lui demande son adresse. Puis nous nous préparons à sortir et vers 22h30 nous nous garons en ville et cherchons la rue de Genève tel que nous avait indiqué Quentin. Nous voici en bas du 7 rue de Genève. Nous sonnons, attendons un peu et apercevons alors Quentin à la fenêtre nous jetant les clés de sa porte. Nous entrons dans son appartement puis on s’installe et j’ouvre les bières que j’avais amenées. Quelques discussions plus tard nous en venons à parler des problèmes de voisinage que rencontre Quentin. Et en effet nous entendions, au moment où l’on en parlait, la musique de son voisin de dessus. Nous nous apercevons alors, ma copine et moi, que la musique en question n’était autre que du « son », en d’autres termes de la musique techno (hardtek pour être précis). Un peu curieux mais aussi pour leur faire comprendre qu’ils poussent le volume un peu fort nous décidons avec Quentin de nous inviter chez son voisin. Nous nous y rendons tous les 4 et découvrons une dizaine de jeunes d’une petite vingtaine d’années. La musique, effectivement de la hardtek, provient de deux enceintes amplifiées d’environ 200 à 300 watts chacune. Nous discutons un peu, leur expliquons qu’ils abusent un peu pour le bruit puis nous apprenons qu’il y a une soirée techno au Mars Attack. Ils nous proposent alors de les accompagner et comme nous en avions entendu parler, par curiosité, Pierre, ma copine (Claire) et moi, acceptons leur invitation tandis que Quentin la décline. Nous nous rendons alors au Mars Attack. 2 euros pour l’entrée et une pression au bar plus tard nous voici dans les lieux. La musique n’est pas transcendante enfin en tout cas ce la qualité n’est pas constante mais l’ambiance est plutôt sympa et c’est assez agréable d’avoir un lieu et des soirées de ce type dans le centre ville. Nous dansons un peu, discutons à gauche, à droite et je reconnais à proximité de l’entrée 4 ou 5 personnes qui sont en Master 2. Nous allons les saluer puis discuter un moment avec eux. Enfin, peu après, j’aperçois au fond de la salle un visage qui m’est familier. Après un instant d’hésitations je fini par être certain de le reconnaître : c’est Steph un ami qui fait de la musique et que j’ai rencontré il y a quelques années sur des festivals. Il tenait alors un stand de colliers et de bracelets et nous avons fait quelques bonnes soirées ensemble sur Poitiers avec d’autres amis déballeurs. Nous rigolons un moment de la situation puis échangeons quelques mots afin de savoir un peu ou nous en sommes l’un et l’autre car nous nous étions perdus de vue depuis quelques mois à cause de changements de numéros de téléphone. Il m’annonce qu’il y a une after après la fermeture du bar et que 3 rendez-vous sont organisés sur le parking du magasin La Roche Bobois à Fléac, à environ 5 km d’Angoulême. Nous décidons de nous y rendre. Pierre me demande s’il peut se joindre à nous ainsi que Maël en M2. Comme je n’y vois pas d’inconvénient, nous partons tous les quatre dans la voiture de mon amie vers 1h du matin, à la fermeture du Mars Attack. Préférant que nous prenions ma voiture (ma copine n’a pas l’habitude de suivre un convoi et de conduire dans les chemins et nous devions en plus récupérer dans ma voiture des bouteilles d’eau, du papier toilette ainsi qu’une lampe de poche) nous remontons vers Basseau et changeons de voiture. Nous arrivons à Fléac vers 1h35 mais il n’y a pas un seul véhicule sur le parking indiqué comme point de ralliement. Guidé par mon instinct je décide de suivre un véhicule utilitaire rouge qui roule devant nous à vive allure. J’avais la sensation qu’il pouvait s’y rendre car à l’intérieur semblait se trouver plusieurs jeunes d’une vingtaine d’années. C’est souvent comme ça que ça se passe en fait. On ne sait jamais vraiment à l’avance ou on va. Et il faut se démener un peu pour trouver le lieu. Ça fait partie du jeu je crois. Et cette partie de l’aventure est un moment très agréable car c’est en quelque sorte un jeu de piste qui nous permet de nous transposer dans la peau d’aventuriers. Je suis donc le véhicule rouge. Celui-ci emprunte de nombreuses petites routes, roule de plus en plus vite, nous sème, puis nous le retrouvons. Mais après une dizaine de kilomètres environ nous décidons d’abandonner la course. Il semble essayer de nous semer. Peut être ne s’y rendait-il pas. Peut être que nous lui avons fait peur. Il y a toujours beaucoup de méfiance à cause de la répression. Nous faisons demi-tour et essayons de retrouver la route de Fléac. Une fois celle-ci retrouvée nous empruntons une autre route que celle ou avait tourné le véhicule rouge puis apercevons un petit convoi de quatre véhicules. Toujours à l’instinct nous décidons de les suivre. Je me trouve alors derrière un gros 4x4 Jeep immatriculé 41. Blois. Ceci me conforte dans l’idée que ces véhicules se rendent probablement à la soirée car la région de Blois est très dynamique sur le plan des free party. Ce ne sont, c’est vrai, que de très maigres indices. Et il peut paraître surprenant que sur la base de tels indices aussi insignifiant nous prenions des décisions quant à la route à suivre pour trouver le lieu de la soirée. Mais nous n’avons que ça. Et comme je l’ai dis précédemment c’est un véritable jeu de piste. Alors nous jouons le jeu et tentons d’en trouver la solution. Enfin après une bonne dizaine de kilomètres les 3 véhicules (en fait le quatrième véhicule qui précédait le convoi a bifurqué sur une autre route) que nous suivions s’arrêtent dans un chemin de terre à proximité d’un champ. Je gare la voiture derrière le 4x4 puis je descend afin d’aller demander aux occupant des autres véhicules s’ils se rendent bien au même endroit que nous. Ils me confirment que l’on cherche la même soirée. Cette fois l’instinct s’est révélé être payant puisqu’ils y vont. Ils me précisent qu’ils attendent un coup de fil d’un ami qui va leur expliquer la suite de la route. 5 minutes plus tard je vois les autres véhicules démarrer et je sonne alors le départ en demandant à mes compagnons de route de remonter au plus vite dans la voiture. Il ne fallait pas perdre un instant afin de ne pas perdre de vue les autres véhicules. En pleine campagne il est souvent difficile de se repérer. Nous tournons et retournons dans de nombreux chemins pour finalement prendre un chemin de terre à travers des vignes. Le chemin est un peu glissant et il me faut me concentrer pour suivre les autres véhicules sans trop déraper. Finalement nous apercevons un petit bois derrière les vignes et de la lumière. Nous tentons de trouver le chemin qui nous mènera jusqu’à la lumière (cette phrase n’a au moment ou je l’écris aucune connotation religieuse ou mystique…). Nous voici enfin arrivés. Il est environ 3 heures du matin. Il y a très peu de véhicules. Nous sommes quasiment les premiers. Il faut dire que c’était particulièrement bien caché cette fois ci. Quelques jeunes nous indiquent notre chemin pour aller nous garer. Tout est fléché et des barrières de sécurité permettent de délimiter le parking. Nous faisons le fond de nos poches pour la donation et nous donnons 1 euro chacun. La donation c’est un système qui consiste à faire passer une boîte dans laquelle chacun donne librement ce qu’il veut ou ce qu’il peut afin d’aider les organisateurs à assumer financièrement le déroulement de la soirée (location de matériel, gazole pour le groupe électrogène etc.). Le terrain est assez meuble mais nous nous garons sans trop de difficultés, juste à côté du 4x4 Jeep que nous suivions. Enfin nous sortons de la voiture. C’est un moment un peu magique, celui où l’on découvre le terrain. A perte de vue des champs, des vignes. Un très beau site. Il ne fait pas chaud mais c’est la pleine lune et la nuit est très belle. Nous sommes loin de la civilisation, c’est la nature. L’air semble plus pur. Pierre n’a pas l’air très à l’aise. Il semble surjouer la réalité un peu comme pour cacher une sorte de malaise. Maël quant à lui semble être à l’aise. Nous nous aprochons du mur de son. Il n’est pas très grand mais plutôt bien réglé, le son claque. En revanche le style de musique est strictement le même qu’au Mars Attack : drum n bass et tek/hardtek. En y regardant de plus près nous réalisons que les gars qui se trouvent derrière les platines sont bel et bien les DJ qui étaient au Mars Attack. Un petit bar est ouvert à côté du son. Nous buvons une bière et restons un moment devant le son à discuter de tout. Petit à petit la musique s’accélère et le son devient un peu plus puissant. Ce n’est pas extrêmement bien mixé mais c’est dans l’ensemble plutôt sympa. Je décide d’aller discuter un peu avec les organisateurs de la soirée qui semblent se réunir dans un camion blanc stationné derrière le son. Je m’y rend et salue les gens présent. L’un d’entre eux, Guillaume, fume une clope devant le camion. Il me demande d’où je viens. Je lui répond d’Angoulême et lui retourne la question. Il vient de Poitiers. Je luis dis alors qu’il y a encore deux semaines, avant d’arriver sur Angoulême j’étais installé sur Poitiers. Nous rigolons en pensant tous les deux, mais sans le dire, que le monde est vraiment petit en Poitou-Charentes. Enfin je pense que c’est surtout parce que l’on va dans les mêmes soirées que le monde est petit car je pense que si j’étais allé en boîte sur Angoulême ce soir là j’aurai eu grand peine à trouver quelqu’un de Poitiers et ce d’autant plus que ce week-end s’y déroulait le festival des Expressifs. Bref Guillaume me demande alors comment je trouve la ville d’Angoulême. Je lui réponds, et c’est vrai, que je ne regrette pas Poitiers car les alentours d’Angoulême sont très sauvages, très beaux, que la nature semble préservée. J’ajoute que le centre ville est plus chaleureux et que le milieu underground semble pas mal développé à Angoulême. Il me confirme tout ça et précise qu’il aime lui aussi beaucoup cette ville. Puis il me demande comment j’ai atterri à Angoulême. Je lui réponds que je suis en master de cinéma au CNBDI, sans plus de précision. Il semble connaître car il n’a pas l’air surpris, il ne pose pas de questions. Je lui précise que je travaille sur un documentaire sur les teufs. Puis je lui demande s’il fait partie des organisateurs. Il me répond que oui et je demande alors quel est le nom de leur collectif. Il me répond les Lézards Libres. Ça me plait comme nom de collectif. Je me fais cette réflexion car bien souvent les collectifs ont des noms très proches les uns des autres mais celui-ci est original.
Par le lézard - Publié dans : altertek
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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /Oct /2006 10:23
La rave est-elle un lieu où l’individu se construit ? Qui sommes nous ou qui pensons nous être lorsque nous nous rendons en rave ? Finalement je commence à me demander pourquoi il y aurait besoin de se poser toutes ces questions sur la rave, la façon d’aller en teuf, les pratiques addictives etc. Je ne sais plus tellement où peut bien se situer l’intérêt de se poser tant de questions. Là je me rend aussi compte que c’est peut être moi qui me les pose ces questions. Mais pourquoi ? Ah bah voila encore une autre question. Décidément je passe ma vie à me poser des questions. Il faut vraiment que j’essaie, que j’apprenne à me poser moins de questions, à essayer de vivre plus simplement, à être plus spontané. Alors quand je vais en teuf c’est je crois tout simplement parce que j’en éprouve l’envie. C’est une forme de désir. Je ne sais pas d’où il vient ça c’est sûr. Mais j’y vais quand j’en ai envie. Et cette envie est tellement forte que peu de raisons peuvent me retenir lorsque l’envie d’aller en teuf pointe le bout de son nez. C’est plus fort que moi. Et même s’il pleut et que je passe mon temps à dire que je n’aime pas y aller quand il pleut genre j’aime pas galoper dans la boue et j’ai pas envie de rester embourbé dans un chemin bah finalement je finis par y aller quand même. Enfin non c’est pas tout à fait vrai quand même parce que si j’ai autre chose de prévu je m’y tiens. Je n’ai pas de souvenir d’avoir déjà annulé quelque chose pour aller en teuf. Donc les impératifs ou en tout les dates prises, le calendrier, l’emportent sur l’envie d’aller en teuf. Donc la teuf n’est pas une drogue. Et donc ce n’est pas uniquement pour la drogue que l’on se rend en teuf. Il y a donc sans doute tout un tas de raisons qui font que l’on a envie, que l’on éprouve un désir très fort de se rendre en teuf. Tiens ça me fait penser à une phrase de Spinoza cette idée de désir. C’était quoi déjà ah oui c’était un truc genre on juge qu’une chose est belle lorsque l’on y tend par le désir. Et non l’inverse en fait. Et bah moi je crois que je vais en teuf parce que c’est beau. Et donc si l’on suit la phrase de Spinoza je considère que c’est beau parce que j’y tend par le désir. Voila là je me mords la queue je tourne en rond. C’est galère ça ! On en revient au désir et donc toujours aucune idée de ce que ce désir est. Peut être le son. Parce c’est vrai on y va quand même essentiellement pour le son. Mais pas seulement. Par contre s’il n’y a pas de son il n’y a pas de teuf. Et pourtant s’il n’y a que du son il n’y a pas de teufeurs. Donc il faut le son plus quelque chose d’autre. Du monde ! Enfin des gens motivés et de bonne humeur surtout ! Des gens ouverts et pouvant être la source de rencontres enrichissantes. Mais il faut encore autre chose je crois. Oui c’est sûr il faut un lieu. Pas un lieu unique bien déterminé non au contraire. Mais il faut un lieu un peu magique. Un lieu un peu hors du monde. Dans la nature. Loin de toute marque apparente de civilisation hormis celles que l’on y amène. Et on reconstruit. On reconstruit un je ne sais quoi. Alors peut être que ce je ne sais quoi c’est soi. On se reconstruit ou on se construit peut être soi-même tout simplement. C’est une hypothèse que je veux bien envisager mais à priori je ne pense pas ça. Enfin comme en fait sur cette question je n’arrive pas à savoir clairement ce que je pense bah je vais explorer cette hypothèse. Oui c’est peut-être en adoptant cette démarche que je saurai en quoi je suis convaincu que cette hypothèse est fausse. Ou ne l’est pas d’ailleurs. On verra bien.
Par le lézard - Publié dans : altertek
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