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Samedi 2 décembre 2006

Les temps de la rave. L’objet de ces temps n’est-il pas seulement la recherche de la teuf idéale ? Oui mais alors de celle qui me permettra le mieux de m’approcher de moi, d’avoir la sensation de moi. La teuf idéale exige, me semble t-il, que plusieurs conditions soient réunies : des gens motivés, ouverts et avec tous la même envie à partager, à savoir, faire la fête. Finalement je crois que c’est ça le dénominateur commun : faire la fête, s’unir, comme communier dans la fête. Et en même temps c’est une communion un peu particulière. Les gens sont nombreux sur le même lieu, pour faire la même chose, mais ils se rencontrent assez peu. Ce sont souvent des groupes d’amis déjà constitués qui ne se mélangent qu’en de rares occasions. Alors c’est vrai il est bien légitime de se demander ce que l’on peut bien avoir à partager dans ces conditions. Peut être simplement la même envie de goûter à soi et à la vie.

 

Parfois j’arrive à complètement oublier la teuf. Avoir la sensation du ridicule, ne même plus être en mesure de comprendre ce qui me pousse si souvent à y aller. Il y a dans la vie tellement de choses qui vont au-delà de la teuf, qui dépassent cette réalité modifiée, ce petit paradis artificiel. Je n’ai pas d’explications à donner, je n’y comprends moi-même rien, c’est quelque chose qui me dépasse à vrai dire. Je sais seulement que cette étrange sensation de remplir ma vie d’inutile me parvient à chaque fois, que, pour d’obscures raisons, ou en tout cas c’est ce que je feints de croire, mon cœur est noué. Je sens d’ailleurs parfaitement bien tous ces nœuds que j’ai autant envie de défaire que de serrer plus fort encore.

Peut être que la teuf est parfois une manière pour moi de crier, un cri gratuit auquel je n’attends nulle réponse, un cri dans la nuit de préférence mais ça c’est une affaire de goût ou d’esthétique car ce qui compte au fond c’est la nature et le sens, s’il en a un, de ce cri.

 

Vaincre le temps. Je sais bien au fond de moi que c’est une lutte inégale, un combat désarmé mais le temps, lui, n’a pas besoin d’armes pour avancer. Tous les moyens sont bons pour tenter de lui résister mais finalement il a toujours le dernier mot et pire encore il nous laisse nous enliser dans des irréels idéaux qui parviennent à nous bercer avant de nous réveiller en hurlant. Mais pour qui se prend-il cet enfoiré, à qui pense-t-il avoir à faire ? La guerre est loin d’être finie (a-t-elle d’ailleurs déjà commencé ???), en tous les cas j’ai déjà remporté plein de combats. Alors bien sûr, avec le mode de vie que j’ai adopté il y a de très grandes chances pour que le temps gagne l’ultime combat. Mais au fond le dernier je m’en fous pas mal, il sera seul à fêter sa victoire et la vie sera déjà loin. Puis de toutes manières je ne me rendrai peut être jamais compte qu’il a gagné. Par contre toutes mes petites victoires je serai là pour les célébrer. Tandis que le temps n’aura même pas conscience d’avoir échoué. Et à tout bien y réfléchir c’est peut être là sa force. La nature n’a pas conscience des crimes qu’elle commet. Mais nous, pauvres hommes, simples mortels, avons conscience du malheur que nous produisons et que nous répandons. Mais aussi du bonheur et du plaisir !

 

La teuf est une harmonie, une symphonie. Elle n’invente rien, elle ne créé rien, mais elle assemble, rassemble, concentre. Elle organise le chaos qui règne à l’intérieur de chacun. Elle permet aussi d’en mesurer le poids.

 

Samedi 14 octobre 2006. Jusqu’aux alentours de 23h30, mon programme de vieil ours casanier suivait tranquillement son cours et j’étais à deux doigts d’aller me coucher lorsque mon téléphone sonna. Alors je galère un peu pour le retrouver et je me speed pour ne pas avoir à rappeler parce que je n’ai plus de forfait. C’est un pote au téléphone. C’est David. Et il m’appelle pour me proposer de bouger en teuf. En gros ça donne : « Ouais Polo, c’est David ça va ? T’es pas encore au lit ? _ Euh nan pas encore tout à fait_ Bon dis moi il y a une petite soirée si ça te dit en direction de Bordeaux à environ 1H30 d’Angoulême._ Bah en fait pourquoi pas oui mais bon c’est que là il est quand même déjà un peu tard et j’ai des galères avec ma caisse donc franchement non je sais pas trop là. (je fais le gars un peu pantouflard qui tente de se dérober comme il peut)_ Ecoute Polo si ça te dit de m’accompagner je passe te chercher et on y va ensemble. _ Bon bah allez c’est parti alors je t’attend à la maison, c’est sympa et puis depuis le temps qu’on en parle ça me fait plaisir qu’on aille se faire une tite teuf tous les deux. A tout à l’heure ! _ Ca marche c’est cool je te dis à tout à l’heure alors ! Je suis là d’ici ¾ d’heure environ, le temps de faire la route. »

Et on a raccroché. Il se tapait quand même un aller retour de 40 bornes pour venir me chercher alors qu’il était déjà bien avancé sur la route en direction de la teuf. Vraiment sympa ce mec je me rappelle m’être dit. En l’attendant j’ai rien fais d’extraordinaire, j’ai mis un pack de bières au frais et je me suis couvert pour sortir. J’ai fais un petit tas avec toutes les tites affaires que je voulais emmener. Et j’ai attendu en jouant avec mes chats. Puis j’ai rempli leurs gamelles et vers minuit et demi mon pote est arrivé. On a bu une bière puis il m’a demandé si j’avais du bon son pour la voiture. Alors j’ai fermé la porte, on est passés à ma voiture, j’ai pris ma pochette de Cd’s et on est montés dans sa voiture. J’ai glissé un skeud dans l’autoradio, un mix hardtek tranquille, mais très riche. Enfin je trouve. C’était un mix de Marie des Subsonik. Le mix 14 je crois. Ca plaisait aussi à David et il a démarré. Je lui ai demandé s’il avait l’info exacte. Il m’a juste répondu qu’il savait à peu près où ça devait se dérouler mais qu’il n’avait aucune certitude ni sur le lieu, ni si la soirée se faisait vraiment ou pas. En pensées je me souviens m’être dit un truc du genre « cool on va devoir chercher un peu ». Ca peut paraître étrange d’être content d’avoir à galérer pour trouver. Mais moi je crois qu’une teuf il faut la mériter. Il faut la dénicher. Et ça me plait de chercher. C’est un moment agréable car on se sent un peu comme dans un jeu de piste, comme dans la peau d’un aventurier. Une sensation comparable à celles qui laissent un goût de menthe dans la bouche des enfants. Et on a cherché. Il connaissait la sortie qu’il fallait prendre. Restait à trouver le bon chemin. A l’ancienne comme on dit, à l’oreille.

 

La teuf est une harmonie de couleurs, de sons, de sentiments, de sensations, d’émotions. Elle est une manière de grandir en ce qu’elle permet simplement de sentir les plus grands dangers sans trop se mettre réellement en danger. Ce sont des propos que j’ai recueillis au cours de mes premiers entretiens. Et je m’autorise à les approprier car, d’une part mes interlocuteurs sont d’accords, et d’autre part ils l’ont dit tel que j’aurais aimé le dire. Et sur cette base j’ai pu y réfléchir et m’interroger sur mon ressenti propre. Donc avec un peu de recul je me rends compte que quand je vais en teuf, avant même de mettre le contact de ma voiture j’ai le cœur qui bat très fort. Mon pouls s’accélère brusquement sans trop que je sache pourquoi. En fait, à chaque fois j’ai peur, de quoi je ne sais pas mais je suis terrifié. Je me rappelle qu’à l’arrivée à proximité de certains grands rassemblements, ma jambe droite, celle qui appuie sur l’accélérateur, tremblait à tel point que je me demandais si j’allais arriver à conduire jusqu’au bout. Je suis à chaque fois dans un état de tension singulier, très puissant. Peut être qu’au fond de moi je sais ce que je vais y trouver : MOI. Le trajet est une métaphore de la route qui mène à soi. Une route longue et sinueuse que les chemins de terre à travers la forêt savent parfaitement illustrer. Et la nuit. Qui est la nuit ? Le créateur ? Le protecteur ? C’est le toit de la bulle. Je vis dans une bulle dont le dessin ne me parvient pas. Je n’en discerne pas les contours mais je la sens. Quand je vais en teuf ce n’est pas pour en sortir, mais seulement pour la regarder en face, essayer d’entrer en contact avec elle, elle qui me connaît si bien, mieux que moi-même. C’est ce qui fait qu’en teuf le jour et la nuit ne se ressemblent pas. Ils ne se connaissent même pas, ne se parlent pas. Le lever du soleil m’indique qu’il va falloir que je retourne dans ma bulle. Et avec un peu de chance j’y aurai une plus grande place. La bulle n’est pas une prison car elle a l’avantage d’être élastique. On peut la déformer à volonté. En fait on peut aller en teuf toute sa vie ou en tout cas tant que la bulle n’éclate pas. On peut aussi faire le choix de la percer afin d’en sortir. Peut être que c’est ça grandir mais moi j’y crois pas. Moi je crois que grandir c’est faire grandir la bulle et grandir avec elle. Et tant que j’arrive à m’y faire assez de place je peux y grandir. Si je vais en teuf ce n’est donc pas parce que je refuse de grandir, d’être adulte (j’ai horreur de ce terme parce que je suis convaincu qu’il y a autant d’adultes de 10 ans que d’enfants de 50 ans). C’est juste que je souhaite grandir sans me perdre de vue. C’est peut être pas très courageux mais à quoi bon sauter dans le vide sans savoir où je vais atterrir. Au moins si je tombe dans ma bulle je pourrais rebondir. Et retomber, et rebondir encore ! Et puis qu’est ce que ça peut foutre que je préfère le trampoline à la corde à sauter ? La teuf est aussi un moyen de fuir la réalité. Mais quelle réalité ? Moi la seule réalité que je connaisse c’est celle que je construis. Avoir les pieds sur Terre ça n’a aucun sens nous les avons tous. Ce qui a un sens c’est de savoir où on met les pieds pour avancer. Parce que c’est ça qui compte dans le fond avancer. On parle beaucoup d’équilibre, d’harmonie avec soi même mais pour moi ça c’est la mort et rien d’autre. Je ne serai jamais en harmonie avec moi-même parce que je ne cherche simplement pas à l’être. Je me chercherai toute ma vie parce que je pense que personne ne peut se trouver. Finalement je dois être un peu fou, en allant en teuf je me cherche mais en nourrissant l’espoir secret (ou pas) de ne jamais parvenir à me trouver.

 

De temps en temps j’ai besoin d’interrompre le flot de mes pensées. Et pour ça j’ai besoin d’aide. Les teufs remplissent mystérieusement bien ce rôle. Elles me disent où aller quand je suis un peu paumé. En fait mon documentaire c’est un hommage. Un hommage à celles qui ont le mieux su me guider, m’orienter comme me désorienter. C’est le seul moyen que j’ai de les remercier. Mais je dois aussi penser à les protéger. Les teufs sont vivantes, elles ont une âme mais elles savent garder les secrets. Et elles ont bien des choses à cacher. Mais elles savent aussi s’exprimer. A travers le son. Il est toujours présent. Et une teuf sans son n’en serait pas une car elles ne pourraient pas parler. Le son je l’aime, j’ai appris à l’aimer, sans jamais me lasser. Ca pourrait peut être être n’importe qu’elle autre musique. Mais en ce qui me concerne j’opterai alors pour une musique triste et les teufs ressembleraient alors bien plus à des enterrements qu’à ce dont elles tirent leur nom : des fêtes. Non pas que la tristesse soit un sentiment plus fort que la joie, mais je crois en tous cas qu’il est plus riche, plus accessible. Et la tristesse est une forme de fête. C’est peut être pour ça qu’on a l’air si tristes en teuf parfois. Mais en fait on ne l’est pas. Ou alors si mais on est bien. Je pense qu’on s’en lasse parfois. De la tristesse. Mais aussi de la teuf. Mais l’une comme l’autre revient toujours nous chercher. Parfois pour nous sauver. Parfois pour nous accompagner. D’autres fois pour nous faire chier. Dans tous les cas le résultat est le même car la tristesse est une forme de joie et donc dans tous les cas la teuf est bien une fête. Les gens les plus triste sont souvent ceux qui n’ont jamais l’air de l’être. Les plus belles fêtes sont celles qui se déroulent à l’intérieur de nous.

 

J’ai rencontré David en teuf un week-end d’août 2006. Teuf Barbiturique, je me souviens, bon esprit, bonne ambiance, un site magnifique, clairière enfouie au cœur des bois, une belle nuit étoilée. 200 personnes attendues. Arrivée 23h en merco avec un pote. On est partis tous les deux, à l’arrache, sans nos chéries, quartier libre ! On a papoté un peu avec des travellers adorables, la trentaine, surexcités. Ils sautillaient dans tous les sens et affichaient un sourire aveuglant. Puis on s’est dirigés vers le son. Un son net, bien branché, ça claquait. D’la bonne hardtek qui galope, comme on l’aime. On est restés posés un moment devant les enceintes puis on a bougé faire un tour de terrain, rencontrer les gens, jeter un œil sur ce qui traîne. Je m’souviens que j’étais un peu euphorique, mon pote aussi. Comme des mômes qui redécouvrent les joies simples de courir dans la forêt, d’observer la lune, les étoiles, le tout sublimé par les jeux de lumière qui entouraient le mur de son. Et puis le son. Ses basses lourdes qui font vibrer nos organes. Explosion des sens, sensation de soi. On aspirait plus qu’à une seule chose : s’amuser, danser et profiter du son jusqu’au bout de la nuit. Nous promener dans des chemins qui pouvaient représenter les méandres de nos âmes, bercées par le son, absorbés par la forêt. Comme nus face à nous-mêmes, s’apprécier, se sentir vivre, sentir son corps exister, quête perdue d’un monde invisible mais enquête sur soi, sur soi et soi, sur soi et son corps, enfin sur soi et les autres, sur les autres et soi. Quête d’un en soi qui n’en finit pas.

 

La musique à elle seule peut parvenir à déclencher une transe. Non pas seulement par les notes dont elle est composée. Mais en se liant à mes pensées enfouies elle parvient à réveiller des émotions d’une intensité foudroyante. J’écris ça parce que je viens à l’instant d’en faire l’expérience. J’ai mis un CD, un mix que j’aime particulièrement, puis j’ai posé mon crayon, je me suis allongé, j’ai fermé les yeux et je me suis laissé aller. Et j’ai été pris dans un puissant tourbillon de joie. Une sorte de « flash ». Envie indescriptible, irrépressible de danser. Tout seul, chez moi, comme ça, simplement. Une expérience que j’ai déjà sans doute faite auparavant, mais sans en avoir conscience, sans trop réaliser. Là j’ai compris ce que cette musique déclenche à l’intérieur de moi en teuf. Avant d’entendre les premières notes, tout en moi et autour de moi est plus ou moins organisé, linéaire. Mais quand le son s’invite en moi il provoque un chaos merveilleux. Je me sens alors pleinement vivre et je prends conscience de mon corps mais aussi du lien puissant qui le lie à mon esprit.

par le lézard publié dans : altertek
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Mardi 17 octobre 2006
Qu’est ce qui fait peur en teuf ? Qu’est ce qui rend ces soirées si effrayantes aux yeux de gens qui n’en connaissent que ce qu’ont choisi de leur montrer les médias ou quelques sociologues? Sociologues qui, et je l’ai encore lu dans un article glané sur internet ce lundi 16 octobre 2006, avouent eux-mêmes ne pas avoir l’impression de faire une étude complètement vraie car ils n’ont jamais goûté à la drogue. Mais attention je ne viens pas de dire que pour comprendre ce que sont les teufs il faut impérativement goûter aux psychotropes que l’on peut assez facilement se procurer au détour d’un chemin. Non je rapporte seulement les propos que j’ai lus et ce que j’ai lu c’est que ce sociologue dit ne pas se sentir entièrement un observateur participant puisqu’il ne se drogue pas. Moi je ne suis pas vraiment d’accord avec lui parce que à mon sens il est totalement en position d’observation participante à partir du moment ou, tout simplement, il participe à ces soirées. Et donc il la vit de l’intérieur à condition de se laisser aller à discuter avec les gens, à écouter la musique et à laisser son corps s’exprimer en réaction à celle-ci. Il est observateur participant à part entière je crois s’il ne se met pas de barrières. Mais disons que moi, je suis observateur participant à part entière dans le sens ou il l’entend. Eh bien je ne crois pas que je verrai autre chose que ce qu’il pourrait voir lui-même. Par contre ce week-end je me suis rendu compte d’une chose : c’est que je comprend bien plus de trucs sur les teufs si je m’y rend tel que j’avais l’habitude de m’y rendre avant d’entreprendre de réaliser un documentaire sur ce sujet. C'est-à-dire en m’y rendant dans le seul but de m’amuser, de faire la fête et, puisque c’est la manière que j’ai de le faire, de célébrer la vie. Enfin je vais vous raconter un peu cette soirée. Mais cette fois ci je ne rentrerai pas dans les détails. Pas encore. Pas envie de tout dévoiler. Pas envie de briser le mystère qui règne autour des teufs. Finalement je ne sais pas si j’ai choisi le bon sujet car j’ai de plus en plus la sensation de mettre à nu la magie. D’un autre côté j’ai envie de permettre aux gens de comprendre ce que c’est. Et puis en fait je ne suis pas vraiment obligé de décortiquer les teufs comme on le ferait avec des crevettes. D’ailleurs la magie je ne suis pas obligé de la disséquer pour la transmettre au moins un petit peu, un magicien ne révèle pas ses tours donc je n’ai pas à révéler ceux des teufs. Et puis je ne suis pas journaliste. Samedi j’ai passé l’après-midi avec Adrien dans le quartier de Ma Campagne à Angoulême à l’occasion des jours ORU : Opération de Renouvellement Urbain. Une journée était organisée pour expliquer aux habitants en quoi allait consister les travaux de réhabilitation et quelques animations telles que descente en rappel du haut d’un immeuble, discours du Maire d’Angoulême, expositions de photos, projection de films. J’avais accompagné Adrien pour filmer afin qu’il puisse discuter facilement avec les gens et se faire des contacts. Nous sommes partis un peu avant 18 heures, après un verre de l’amitié offert par la municipalité. Nous étions tous deux un peu crevés car nous n’étions pas là en touristes et donc maintenir une nécessaire concentration tout l’après midi c’est difficile quand on en a pas l’habitude. Mais je pense que c’est un bon exercice. Bref toujours est-il que nous étions fatigués et que nous sommes allés boire un petit verre chez Adrien puis je suis rentré chez moi peu après avec en tête l’intention de me poser. Je n’imaginais pas remettre le nez dehors avant dimanche et encore si ce n’était pas avant lundi. Et pourtant. Jusqu’aux alentours de 23h30 mon programme de vieil ours casanier suivait tranquillement son cours et j’étais à deux doigts d’aller me coucher lorsque mon téléphone sonna. En même temps ça ne m’étonnait pas tellement parce que j’ai plein d’amis qui essaient de m’appeler à toute heure du jour ou de la nuit. Alors je galère un peu pour le retrouver et je speed pour ne pas avoir à rappeler car je n’ai plus de forfait. C’est un pote au téléphone. Et il m’appelle pour me proposer de bouger en teuf. En gros ça donne « Ouai Polo c’est D., ça va ? T’es pas encore au lit ? _ Non non pas encore tout à fait _ Bon dis moi il y a une petite soirée si ça te dit en direction de Bordeaux à environ 1 heure 30 d’Angoulême. _ Bah en fait pourquoi pas oui mais bon c’est que là il est quand même un peu tard et puis je galère avec ma caisse donc franchement non je sais pas trop là. (Je fais le gars un peu pantouflard qui tente de se dérober comme il peut) _ Ecoute Polo si ça te dit de m’accompagner je passe te chercher et on y va ensemble. _ Bon bah allez c’est parti alors je t’attend à la maison, c’est sympa et puis ça me fait plaisir que l’on aille se faire une petite teuf tous les deux depuis le temps qu’on en parle. A tout à l’heure. _ Ca marche c’est cool je te dis à tout à l’heure alors. Je suis là d’ici Ÿ d’heure environ, le temps de faire la route. Et on a raccroché puis je suis allé mettre un pack de bières au frais. En attendant mon pote j’ai rien fais d’extraordinaire. J’ai bu un jus d’orange je crois ou un orangina plutôt. Et je suis allé me changer. Pas pour mettre mon plus bel habit de soirée non pas du tout. Mais tout simplement bien me couvrir parce qu’il fait déjà froid la nuit en ce moment, surtout dans les bois. Puis aussi parce qu’il vaut mieux mettre des fringues qui ne craignent rien, il y a souvent de la boue, des cendres et il faut se sentir à l’aise dans ses fringues, pouvoir s’asseoir ou s’allonger par terre sans craindre de se salir. Pouvoir jouer avec les chiens aussi et donc avoir des fringues résistantes parce qu’ils n’ont pas toujours conscience de leur force quand ils jouent. Ils ne sont pas méchants loin de là. Mais faut les comprendre ils sont dans la nature, pour eux aussi le week-end est un moment attendu avec impatience car ils vont avoir tout loisir de se défouler en plein cœur de la nature. Alors ils sont un peu fous fous. Enfin du coup je vais mettre un fut résistant et qui ne craint rien. Un treillis. Il est chaud, je l’ai pas payé cher et il a plein de poches. Et c’est pratique les poches quand on va en teuf. Parce que la plupart du temps la voiture est garée super loin du son et qu’en général on aime bien pouvoir trimbaler sa petite vie sur soi : de l’eau pour moi, de l’alcool pour d’autres, mais aussi son couteau, son portefeuilles, son téléphone, sa lampe de poche, ses clés (et là il vaut mieux prévoir d’avoir au moins une poche zippée) et j’en oublie certainement mais de toutes les façons ça dépend de chacun. Et puis on s’en contrefout d’ailleurs de savoir qui emmène quoi. N’empêche qu’il y a des trucs pratiques qu’on est content d’avoir sur place. La lampe de poche par exemple je l’ai oubliée ce soir là. Et D. n’en avait pas. Autant vous dire qu’on a galéré ! Le terrain était accidenté, c’était au bord d’un lac et donc il y avait du sable, des trous. Galère sans lumière. Enfin voila le choix des fringues c’est pas vraiment pour se donner un style. Bien sûr mon treillis est kaki. Mais c’est surtout parce que ce sont les treillis que l’on trouve le plus facilement à bas prix dans les surplus militaires. J’ai mis ma parka également ce soir là. Kaki elle aussi. Mais je la trouve belle cette parka. Et c’est mon inséparable compagnon de route. Puis surtout elle est chaude, on ne transpire pas dedans, je ne l’ai pas payée cher et elle a de grandes poches. Les poches encore. Mais des grandes poches cette fois, pour pouvoir mettre des bières, sa lampe de poche et aussi une bouteille d’eau ou d’alcool. Moi elle me servent aussi de poubelle comme ça je ne jette jamais rien par terre. Vers minuit et demi mon pote est arrivé. J’ai nourri mes chats et D. m’a demandé si j’avais des Cd’s de son. Alors j’ai fermé ma porte, on est passés à ma voiture, j’ai pris ma pochette de Cd et on est montés dans sa voiture. Une belle voiture, une volgswagen toute neuve, super équipée. J’ai mis un cd dans l’autoradio, un mix hardtek tranquille mais très riche. Enfin je trouve. C’était un mix de Marie des Subsonik. Le mix 14 je crois. Ca plaisait aussi à D. et il a démarré, nous sommes partis. J’ai demandé à D. ou est la teuf et s’il avait l’info exacte. Il m’a répondu qu’il savait à peu près ou ça devait se dérouler mais qu’il n’avait aucune certitude ni sur le lieu ni si la soirée se faisait vraiment ou pas. En pensées je me souviens m’être dit un truc comme « cool on va devoir chercher un peu ». Ca peut paraître étrange d’être content d’avoir à galérer pour trouver. Mais je crois qu’une teuf il faut la mériter. Il faut la dénicher. Et ça me plait de chercher. C’est un moment agréable car on se sent un peu dans un jeu de piste. On se sent dans la peau d’un aventurier. La part enfant de chacun peut alors toute entière s’exprimer. Et on a cherché. Il connaissait la sortie qu’il fallait prendre. Restait à trouver le bon chemin. A l’ancienne comme on dit, à l’oreille.
par le lézard publié dans : altertek
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Mardi 17 octobre 2006
Moi _ Donc euh…Roof, j’aurais aimé que tu me parles de tes expériences en rave-party. Roof _ D’accord, euh… Moi _ Depuis quand, savoir un peu depuis quand t’y vas euh… Roof_ Ouais, euh, bah en fait j’ y avais été les premières fois c’était en…vers euh…autour de chez nous là en Charente Moi _ Ouais… Roof _ avec Coco ça remonte déjà à un petit bout de temps j’avais pas été vraiment charmé par le truc y’avait pas vraiment aussi peut être eu les choses qu’il fallait pour me mettre dans la bonne ambiance et puis, euh, au fur et à mesure j’en ai refais quelques unes qui, euh, qui ont été vraiment différentes, donc voila, euh toujours dans la Vienne, les Deux-Sèvres ou les Charentes. Moi _ Ouais t’es resté dans le coin… Roof _ Ouais dans le coin et puis, euh, au fur et à mesure, après, on a fait des trucs qui étaient un petit peu plus éloignés et puis euh, bah voila à partir de là quand même ça a commencé à me plaire pas mal, euh, comme par exemple celle, euh, y’a, ouais récemment, ouais, euh j’ai du commencer à partir en teuf avec Coco y’a quoi y’a trois ans… Moi _ D’accord… Roof _ Trois, ouais, trois ans et demi un truc comme ça, y’a deux, euh, un an, un petit peu moins d’un an donc on a fait, euh, on a fait pas mal de trucs qui étaient pas euh…et euh, donc c’était pas vraiment le truc quoi, et puis y’a quelques années après on a commencé à faire des trucs qui, par exemple euh, donc l’année dernière Barcelone euh… Moi _ Ah ouais donc là t’a été plus loin Roof _ Ouais voila là on a été, euh, on est sortis un petit peu et on a découvert vraiment euh, une autre teuf quoi, c’était pas vraiment euh…une autre fête quoi… Moi _ D’accord, ouais, mmh mmh Roof _ Vraiment différente. Moi _ Ouais euh c’est au niveau de l’ambiance tu veux dire euh…du son ou… Roof _ Au niveau de l’ambiance déjà. Moi _ Ouais… Roof _ Au niveau du son pas euh, ouais, pas vraiment euh pas vraiment. Moi _ Plutôt les gens euh, les gens étaient plus de bonne humeur euh ? Roof _ Plutôt les gens et ouais plutôt le climat total du truc quoi… Moi _ Ouais, mmh mmh. Roof _ avec l’esprit euh comment te dire, euh, l’esprit ou t’arrives tu te poses et puis, euh, et puis voilà ça devient un petit village autonome un peu pendant trois, quatre jours… Moi _ Ouais voilà ce qu’on attend un peu des teufs normalement… Roof _ Ce qu’on attend un peu des teufs normalement et ce qu’on, ouais ce qu’on a plus trop…enfin moi ce que j’ai pas trop connu parce que, euh, comme ça fait très peu de temps que j’ai commencé… Moi _ Ouais c’est vrai que t’as pas connu les free en France comme c’était euh y’a… Roof _ Exactement, exactement Moi _ donc les Zones d’Autonomie Temporaire Roof _ voila… Moi _ parce qu’à la base c’était ça… Roof _ Et donc j’ai été obligé d’aller chercher ça à l’étranger et ça ça m’a vraiment, euh, ça ça m’a vraiment euh… Moi _ D’accord… Roof _ ça m’a vraiment plu et depuis bah je, euh, on continue tout le temps à en faire euh, mais avec cet objectif d’essayer vraiment de faire les, les trucs étrangers euh… Moi _ Mmh mmh Roof _ Essayer de découvrir d’autres choses parce qu’en France je pense que c’est euh, le mouvement va peut être arriver sur un…a pris peut être une ampleur tellement importante… Moi _ Mmh mmh Roof _ qu’on est arrivés maintenant à un point où…bah ouais c’est plus du tout pareil qu’avant quoi. Moi _ Ouais et tu penses pas que ça justement ça euh, effectivement avec les lois 2002 euh… Roof _ Ouais ouais Mariani… Moi _ les gens sont devenus un peu limite méfiants et, mais tu penses pas que maintenant c’est en train un peu de revenir, enfin t’as pas la sensation euh, moi c’est la sensation que j’ai un petit peu, euh les dernières petites free que j’ai faites, euh j’ai l’impression que les gens étaient quand même plus motivés, plus joyeux euh… Roof _ Je pense que c’est peut être parce que toi t’as plus cherché à aller dans ce genre de teufs là… Moi _ Mmh mmh… Roof _ à aller dans ce genre de teufs un peu plus conviviales, ou euh, et un peu plus fermées euh, mais je pense que quand même le gros euh le gros du mouvement enfin si tu vois le mouvement euh, globalement, je pense que ça continue dans cet esprit là un peu plus euh… Moi _ Ouais ça se ferme tu penses… Roof _ Ouais, ouais. Moi _ Enfin ça se ferme et ça s’ouvre en même temps… Roof _ Ouais ! Ouais ouais je vois ce que tu veux dire ça s’ouvre à beaucoup de gens, beaucoup beaucoup de gens Moi _ Voila mais ça se ferme au milieu Roof _ Et ça se ferme au milieu un peu plus euh… Moi _ C’est un escargot qui rentre dans sa coquille et… Roof _ ouais, ouais, ouais ça peut être euh… Moi _ c’est un peu ça euh, il est en train de mourir par le fond quoi. Roof _ Ouais un petit peu. Moi _ Moi c’est vrai que je retrouve un peu pourtant l’esprit euh, bah effectivement peut être que je les cherche ou… Roof _ Ouais ouais Moi _ Et euh… mais quand même les gens que je côtoie euh on a tous l’envie que ça reparte un peu et que euh, et du coup, du coup, je pense qu’on peut y arriver à condition que euh, bah de changer certaines choses, d’essayer de revenir un peu comme avant euh c'est-à-dire arrêter de flyer dans les magasins euh comme les vinyleries les trucs comme ça euh parce que ça ramène… Roof _ ouais Moi _ Enfin les vinyleries voilà elles ont pignon sur rue même si c’est un vinylerie tek euh ils vendent aussi des petits accessoires enfin ça ramène des gens qui connaissent pas forcément et c’est pas pour les exclure et y’a quand même des gens euh enfin y’aller en touriste ça tue un peu le truc quoi… Roof _ Ouais je vois ce que tu veux dire Moi _ si tu adhères pas à l’esprit euh si t’es vraiment juste contemplatif ou alors si tu viens juste chercher des produits euh ça c’est pas… Roof _ Ouais ouais Moi _ Et euh moi je trouve que y a moyen de faire repartir ça je pense euh en reflyant au dernier moment, en ciblant les gens, en posant des infos euh… Roof _ Ouais ouais euh en balançant une info au dernier moment Moi _ Voilà ouais euh un peu comme la teuf à côté de Thouars là Roof _ Ouais je vois ce que tu veux dire Moi _ Bon le risque c’est qu’il n’y ait pas grand monde après quoi… Roof _ Ouais mais si c’est pour qu’il y ait moins de monde et que ça soit quand même beaucoup plus euh, et que tout le monde passe un meilleur moment Moi _ Voilà ouais Roof _ Que ceux qui y sont en tout cas passent un meilleur moment Moi _ Bah ouais ouais c’est ça ouais Roof _ Tu vois, après c’est peut être que y’ a peut être peu de gens qui cherchent ça aussi à l’intérieur de ce milieu là quoi peut être qu’il y a beaucoup plus de gens, enfin beaucoup plus de euh, ouais de teufeurs, qui cherchent maintenant, euh, des gros rassemblements je sais pas parce que moi c’est pas du tout ce que je cherche mais peut être que si y en a tellement c’est qu’aussi beaucoup de monde veut y aller donc je sais pas Moi _ Bah ouais ouais ça c’est sûr mais euh je pense que les gens sont partagés Roof _ Peut être que justement le truc va se diviser un peu en deux, euh, des teufs un peu plus euh, y’aura touj…euh, peut être que ça va redescendre à un niveau sur des teufs un peu plus, euh, underground ECLATS DE RIRE Moi _ Ouais bah c’est ça en plus Roof _ c’est ça en plus et puis qu’il y aura toujours des teufs euh…bah oui parce que ça y en aura toujours euh des teufs au parce des expos euh on y est arrivé quand même Moi _ On y est arrivés ouais…la fête de la musique effectivement c’était euh c’était spécial quoi t’avait un peu tout le monde euh déjà qui… Roof _ Ou ça ? Moi _ A la fête de la musique, au Parc des expos euh… Roof _ A Poitiers ? Moi _ A Poitiers ouais euh Roof _ Ah bah j’y étais… Moi _ y a deux ans Roof _ Ah y a deux ans non j’y étais pas non non Moi _ Bah euh c’était spécial quoi effectivement on était un peu parqués et euh les gens qui voulaient écouter un peu de techno sans trop connaître se sont retrouvés entourés de teufeurs dans un pièce fermée et euh c’était très spécial et l’ambiance du coup ils ont essayé de s’adapter au plus grand nombre et tout puis ça a foiré euh c’était pas terrible c’est clair c’était pas terrible Roof _ Ah ouais ? Moi _ Ouais et y’a beaucoup de choses comme ça moi j’ai fais un premier de l’an y’a deux ans euh pareil euh c’était super glauque quoi, pas très loin d’ici là à Rouillac euh c’était dans une salle des fêtes et on était super nombreux mais le truc très commercial quoi euh… Roof _ Avec entrée payante et euh ? Moi _ Avec entrée payante, tatouage sur le bras et euh et puis des videurs partout enfin…et heureusement qu’ils étaient là les videurs parce que y’avait tellement de lascars que, euh, que que tu savais plus ou donner de la tête t’en avait toujours un qui t’apostrophait, qui avait quelque chose à te vendre mieux que son pote… Roof _ Enfoirés… Moi _ Ouais euh le truc ou t’en sors pas et euh c’est très long (soupir) Roof _ Ouais euh c’est même plus trop une teuf Moi _ Bah non non euh y’ a plus euh, y’a plus du tout l’esprit euh y a plus rien qui en reste là quoi c’est vraiment euh les gens viennent vraiment juste pour se percher la gueule au premier de l’an quoi et voilà… Roof _ Mais si tout ce monde là y va ça veut bien dire quand même que, qu’ils ont envie d’y aller, ils y vont pas euh on les force pas à y aller donc y’a quand même une grosse partie euh de, euh, du mouvement qui adhère à ça ouais Moi _ Alors ce qui est bizarre c’est que pourtant quand tu leur en parles, quand tu interroges les gens tu as l’impression qu’ils y vont presque par dépit Roof _ Ah ouai. Moi _ Au final parce que c’est les premiers à critiquer aussi alors c’est ça qui est un peu compliqué c’est que euh, ils critiquent et pourtant ils s’y rendent donc euh… Roof _ J’ai pas discuté avec beaucoup de gens sur ce sujet là… Moi _ Ouais enfin ouais voilà j’ai un peu l’occasion d’en parler euh avec des gens que je rencontre et tout et même s’ils sont adorables et tout mais bon ils vont critiquer ce genre de choses et pourtant euh bah voilà même si y’a rien du tout à faire, y’a pas une petite free et tout bah ils vont arriver à se dégoter un truc en salle euh… et moi j’ai pas du tout enfin je sais que j’ai pas cette recherche là enfin si y’a rien y’a rien et puis tant pis quoi je vais pas insister pour aller m’enfermer dans des grillages avec, euh, une ceinture de flics… Roof _ Mais y’a quelques années tu le faisais. Moi _ Y’a quelques années je l’ai fais ouais Roof _ Donc ouais donc d’une manière t’as vu c’est bien toi qui change un peu ton… ton style de fête quoi Moi _ Voilà ouais je pense tu peux te… tu peux faire ton parcours euh… Roof _ Ouais Moi _ faire évoluer le parcours puis bon à terme y’a…je pense qu’il y a une certaine maturité qui est…enfin il est possible de la trouver dans les teufs et c’est ce vers quoi tout va tendre euh…bah les petites free ou les choses comme ça… Roof _ Je vois ce que tu veux dire oui. Moi _ C’est pas toujours le cas mais je trouve que, enfin moi voilà celles que j’ai faites en les sélectionnant, quitte à en faire moins mais à en faire euh, voila à faire des, des teufs de qualité où tu sais que tu vas t’amuser et puis euh, quand tu le sens pas trop bah plus trop y aller par dépit… Roof _ Y’a aussi quelque chose qui est euh…, qu’on retrouve beaucoup dans ce genre de…de nouvelles fêtes c’est l’âge, la moyenne d’âge si tu regardes à mon avis Moi _ mmh mmh Roof _ La moyenne d’âge est peut être euh…ouais enfin pas…pas de moitié moins mais au moins de dix ans inférieure dans les petites free que…enfin voilà je remarque que euh…il doit y avoir beaucoup plus de jeunes qu’avant dans les grosses euh…au Teknival d’Angoulême par exemple bon ça se remarque un petit peu quoi Moi _ Y’avait beaucoup de jeunes ouais Roof _ Mais jeunes jeunes quoi euh… Moi _ Bah ouais ils viennent parce que c’est médiatique, et puis c’est interdit… Roof _ Ah ouais, ouais y’a ça aussi Moi _ Je pense qu’il y a un peu de ça euh…le côté un peu euh, voilà, interdit donc ah bah tiens direct moi je vais franchir ce euh… Roof _ Mmh mmh ce truc et puis je vais revenir chez mes parents en leur disant voilà euh je suis tout crado je reviens d’Angoulême j’y étais… Moi _ J’étais au Teknival euh… Roof _ Même si papa voulait pas euh… RIRES Roof _ C’est un peu ça peut être et je, ouais je pense que ça aussi c’était euh, cette ampleur que ça a pris chez les jeunes jeunes quoi ça a peut être un peu dé…euh…bah ça a tout changé voilà Moi _ ouais moi je trouve ça euh…ça a sans doute un peu effrayé les… Roof _ et ça a changé un petit peu les…ouais ouais les ? Moi _ les plus vieux euh peut être qui euh bah effectivement qui ont vu tous ces jeunes qui sont arrivés en groupe euh assez nombreux et qui venaient pas forcément trop trop pour la musique euh… Roof _ nan nan Moi _ qui venaient faire la fête euh, pas tous pour de mauvaises raisons je dis pas ça mais… Roof _ non non c‘est clair Moi _ mais pas forcément pour le son, euh pas forcément trop admiratifs du travail euh… Roof _ que faisaient les sons Moi _ voilà que les gars qui posent le son font Roof _ avec les free free où t’arrives, tu te poses, là qu’étaient plus du tout euh… Moi _ voilà ouai. Non là vraiment en plus euh arrivés euh on en voit quand même beaucoup je pense qu’ils arrivent et euh ils se disent voilà c’est une fête c’est organisé pour eux Roof _ c’est un festival Moi _ Ouais voilà et tout est organisé en plus c’est gratuit, c’est cool euh… Roof _ c’est gratuit… Moi _ ça doit être l’Etat qui paye allez hop on s’amuse. J’en vois beaucoup arriver un peu dans cet esprit et qui euh qui arrivent plus à se dire euh moi quand j’arrivais euh je sais pas en teuf à onze heures ou euh pas trop tard, 23 heures quoi et j’arrivais et la première chose que je faisais c’était m’avancer, allez voir les gars du son euh regarder à gauche à droite enfin ça leur fait plaisir tu sais qu’on euh…qu’on jette un œil euh à leur installation c’est souvent beaucoup de boulot euh… Roof _ Quand ils sont en train de monter par exemple encore quoi ou euh… Moi _ Bah ouais tu vois ça leur fais vachement plaisir… Roof _ Ouais ouais ouais Moi _ de voir que tu euh…tu vois bien que voilà y’a quelque chose que quelqu’un fait pour toi ; c’est pas juste euh bon bah voilà… Roof_ C’est pas l’Etat qui a avancé de…de l’argent pour faire un petit festival en plein milieu des bois Moi _ Ah nan ouais ça c’est net mais je pense que ça doit être gavé dans cet esprit là et c’est ça un petit peu qui essaime aussi.
par le lézard publié dans : altertek
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Mardi 17 octobre 2006
Le documentaire sonore que je souhaite réaliser a pour sujet un mouvement qui s’est construit autour de la musique et d’une certaine idée de la vie en société. Ce mouvement porte différents noms mais pour synthétiser on peut parler du mouvement underground techno. Je souhaite apporter un éclairage sur les raves-party et ce en me servant de la musique pour porter mon récit. L’objectif de cet éclairage est d’essayer d’expliquer aussi simplement que possible en quoi consiste ces soirées. Je n’ai ni la prétention ni la volonté de faire des généralités et de vouloir expliquer en quoi consistent toutes les formes possibles et imaginables de raves-party en France ou à l’étranger. Je me limiterai donc à tenter d’expliquer, de faire découvrir ces soirées à travers celles qui se déroulent le week-end en Charente et que l’on qualifie de free party. J’essaierai également de mettre l’accent sur l’importance de ces soirées en matière de création d’une forme de lien social, en matière de rencontres riches et variées. J’essaierai également de faire visiter à travers la musique, des interviews mais également des bruitages une de ces soirées. Enfin je tenterai de répondre à certaines questions que les gens peuvent se poser sur ce type de soirées et notamment à une question que posent aujourd’hui les sociologues relativement au développement des raves-party : la rave est-elle un entre-deux, une phase transitoire, entre l’adolescence et l’âge adulte, est-elle un outil de construction de l’individu ou a-t-elle une existence propre ? Je reconnais qu’il est relativement ambitieux de vouloir à la fois raconter le plus simplement du monde en quoi consistent ces soirées tout en tentant en même temps de répondre à ces questions sociologiques. Et pourtant il me semble que c’est intéressant et que ce n’est pas impossible. D’ailleurs on dit souvent que rien n’est impossible. Je crois malgré tout qu’il y a des limites à ce raisonnement et je pense que je prendrai certainement conscience au fur et à mesure de l’avancée de mon travail de ce qui est de l’ordre du possible et de ce qui ne l’est pas. Si j’essaie d’imaginer à quoi pourrait ressembler ce documentaire sonore une fois achevé, je vois une sorte de grande partition musicale sur laquelle pourront se lire les rythmes de la rave, ses temps. La musique fera partie intégrante de ce documentaire et occupera une place essentielle au milieu des interviews, des ambiances sonores, de ma propre voix. Mais elle n’aura pas une place accessoire car je pense en effet que c’est bien, dans ce cas particulier, pour le traitement de ce sujet, la musique qui est la mieux à même de raconter les temps de la rave. Elle s’y prête doublement : d’une part parce que la rave n’existerait pas, n’aurait pas lieu d’être sans le son, sans la musique et d’autre part parce qu’en fonction du type de musique qui est jouée à un instant donné, en fonction du nombre de Battements Par Minute (on parle dans le jargon de « Bpm »), la rave évolue dans ses temps. La musique techno se prête donc bien à raconter une histoire parce que ses rythmes sont très marqués, c’est une musique syncopée et on peut la ralentir ou l’accélérer en jouant sur les Bpm sans que cela ne dénature la musique. C’est en quoi je pense qu’elle peut être un formidable outil, offrant de nombreuses possibilités. Je vois la musique techno comme un bloc de pâte à modeler que je vais pouvoir déformer, allonger, raccourcir à ma guise. J’aimerai réussir à faire en sorte que la musique, dans sa progression, dans ses variations, dans ses intensités, raconte une histoire. Une histoire simple. Le récit d’une soirée, du moment où ses participants l’attendent jusqu’au moment ou, exténués, ils regagnent leur lieu de vie. Ainsi, dans l’idée que je m’en fais, ce sont les morceaux d’interview, les bruitages, le son ambiant ainsi que ma propre voix qui illustreront la musique et non l’inverse. En y pensant j’essaie d’imaginer ce que peut être une musique qui raconte une histoire et ce qui me vient à l’esprit là comme ça en même temps que j’écris et bien c’est Pierre et le loup. Dans mes souvenirs la musique de Pierre et le loup fait exactement ce que je souhaite parvenir à faire : raconter un histoire. Ceci me confirme alors que c’est possible, me conforte dans mon idée, et quelque part, je crois, me rassure. Si j’ai besoin de me rassurer c’est parce que je sens que ça ne va pas aller sans difficultés. Difficultés de bien utiliser la musique, difficultés d’intéresser, difficultés de prendre suffisamment de recul, difficultés de bien expliquer sans tenter de convaincre. A présent je vais essayer de visualiser, ou plutôt d’entendre ce à quoi pourrait ressembler cette partition musicale si elle était jouée. Je ferme les yeux. Au commencement, des portières qui claquent, des crissements de pneus peut être. Oui des crissements de pneus, des bruits de véhicules, de moteur, de carlingue. Pas de musique dans un premier temps. Mais ces bruits sont en quelque sorte une musique. Pourquoi ces bruits ? Parce que je crois que les véhicules sont le point de départ d’une rave. Un élément indispensable car sans véhicule il n’y a pas de soirée. Parce que ces véhicules servent au transport du matériel d’abord, des gens ensuite. Le matériel est, en effet, extrêmement lourd et les lieux choisis sont souvent éloignés des habitations, difficiles d’accès. Cette phase de bruits serait en quelque sorte une introduction d’une vingtaine de secondes environ. Puis viendrait la présentation du documentaire. Toujours pas de musique. Ma voix sans aucune autre sonorité. « Morceaux de rave, un documentaire réalisé par PolO, 2006-2007. » Sur la fin de ma voix j’imagine bien, toujours sans musique, des verres qui s’entrechoquent, des bruits de bières décapsulées, puis des rires, des dialogues : tout ce qui pourra permettre à l’auditeur de se représenter un apéritif. Une vingtaine de secondes environ puis enfin la musique. Je garde présent à l’esprit qu’il faudra que je veille à amener une progression dans la musique pour que les non initiés puissent écouter ce documentaire sans que la musique ne les agresse trop brusquement. J’apporterai donc un très grand soin au choix des morceaux de musique. Et je ne ferai pas ce choix tout seul je m’entourerais à la fois de gens qui créent cette musique et de gens qui n’en ont jamais écouté afin de recueillir leurs avis. Je tiens toutefois à faire entendre à travers la musique toutes les facettes de ces soirées. J’essaierai d’habituer l’oreille à l’écoute de cette musique un peu particulière et réputée difficile d’accès. Le premier extrait musical sera donc un morceau de techno assez basique, appuyée par une mélodie connue de tous (je pense à la bande originale de Requiem for a dream de Clint Mansell ou bien encore à la musique de Matrix voir pourquoi pas partir sur une mélodie classique du type mix de la 9ème symphonie de Bethoven). Je réintroduirai progressivement sur la musique les cris des gens qui boivent l’apéritif en tentant de montrer que l’excitation semble atteindre un pic. J’imagine pour cette séquence une durée maximale de 30 secondes environ. Puis fin de la musique et des voix. Un silence d’une ou deux secondes. Et une sonnerie de téléphone pour que l’on puisse comprendre que nous sommes en interaction par le biais d’un téléphone ou bien des bruits de touches de téléphone assez caractéristiques. Ceci précèderait un message sur répondeur annonçant le lieu de la fête. C’est ce que l’on appelle l’infoline. Un système de messageries vocales protégées par un code confidentiel qui permet aux gens en sa possession de connaître l’itinéraire pour se rendre à la soirée. Ces messages sont souvent assez mal enregistrés et les personnes parlent souvent très vite et sont parfois difficiles à comprendre et ce d’autant plus que leur voix est régulièrement couverte par de la musique. L’écoute de l’infoline suit l’apéritif et introduit généralement le premier temps de la rave : la recherche.
par le lézard publié dans : altertek
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Lundi 9 octobre 2006
Samedi 07 octobre, vers 21 heures, j’envoie un texto à Quentin, étudiant également en M1 documentaire de création à Angoulême. Je lui demande dans ce message s’il y a du monde motivé pour aller boire un verre en ville. Quelques instants plus tard je reçois une réponse de Quentin me proposant de les rejoindre chez lui où il boit un verre avec Pierre également en Master 1 avec nous. Ma copine étant venue de Rennes vendredi soir afin de me faire une surprise, je précise à Quentin que je serai accompagné et je lui demande son adresse. Puis nous nous préparons à sortir et vers 22h30 nous nous garons en ville et cherchons la rue de Genève tel que nous avait indiqué Quentin. Nous voici en bas du 7 rue de Genève. Nous sonnons, attendons un peu et apercevons alors Quentin à la fenêtre nous jetant les clés de sa porte. Nous entrons dans son appartement puis on s’installe et j’ouvre les bières que j’avais amenées. Quelques discussions plus tard nous en venons à parler des problèmes de voisinage que rencontre Quentin. Et en effet nous entendions, au moment où l’on en parlait, la musique de son voisin de dessus. Nous nous apercevons alors, ma copine et moi, que la musique en question n’était autre que du « son », en d’autres termes de la musique techno (hardtek pour être précis). Un peu curieux mais aussi pour leur faire comprendre qu’ils poussent le volume un peu fort nous décidons avec Quentin de nous inviter chez son voisin. Nous nous y rendons tous les 4 et découvrons une dizaine de jeunes d’une petite vingtaine d’années. La musique, effectivement de la hardtek, provient de deux enceintes amplifiées d’environ 200 à 300 watts chacune. Nous discutons un peu, leur expliquons qu’ils abusent un peu pour le bruit puis nous apprenons qu’il y a une soirée techno au Mars Attack. Ils nous proposent alors de les accompagner et comme nous en avions entendu parler, par curiosité, Pierre, ma copine (Claire) et moi, acceptons leur invitation tandis que Quentin la décline. Nous nous rendons alors au Mars Attack. 2 euros pour l’entrée et une pression au bar plus tard nous voici dans les lieux. La musique n’est pas transcendante enfin en tout cas ce la qualité n’est pas constante mais l’ambiance est plutôt sympa et c’est assez agréable d’avoir un lieu et des soirées de ce type dans le centre ville. Nous dansons un peu, discutons à gauche, à droite et je reconnais à proximité de l’entrée 4 ou 5 personnes qui sont en Master 2. Nous allons les saluer puis discuter un moment avec eux. Enfin, peu après, j’aperçois au fond de la salle un visage qui m’est familier. Après un instant d’hésitations je fini par être certain de le reconnaître : c’est Steph un ami qui fait de la musique et que j’ai rencontré il y a quelques années sur des festivals. Il tenait alors un stand de colliers et de bracelets et nous avons fait quelques bonnes soirées ensemble sur Poitiers avec d’autres amis déballeurs. Nous rigolons un moment de la situation puis échangeons quelques mots afin de savoir un peu ou nous en sommes l’un et l’autre car nous nous étions perdus de vue depuis quelques mois à cause de changements de numéros de téléphone. Il m’annonce qu’il y a une after après la fermeture du bar et que 3 rendez-vous sont organisés sur le parking du magasin La Roche Bobois à Fléac, à environ 5 km d’Angoulême. Nous décidons de nous y rendre. Pierre me demande s’il peut se joindre à nous ainsi que Maël en M2. Comme je n’y vois pas d’inconvénient, nous partons tous les quatre dans la voiture de mon amie vers 1h du matin, à la fermeture du Mars Attack. Préférant que nous prenions ma voiture (ma copine n’a pas l’habitude de suivre un convoi et de conduire dans les chemins et nous devions en plus récupérer dans ma voiture des bouteilles d’eau, du papier toilette ainsi qu’une lampe de poche) nous remontons vers Basseau et changeons de voiture. Nous arrivons à Fléac vers 1h35 mais il n’y a pas un seul véhicule sur le parking indiqué comme point de ralliement. Guidé par mon instinct je décide de suivre un véhicule utilitaire rouge qui roule devant nous à vive allure. J’avais la sensation qu’il pouvait s’y rendre car à l’intérieur semblait se trouver plusieurs jeunes d’une vingtaine d’années. C’est souvent comme ça que ça se passe en fait. On ne sait jamais vraiment à l’avance ou on va. Et il faut se démener un peu pour trouver le lieu. Ça fait partie du jeu je crois. Et cette partie de l’aventure est un moment très agréable car c’est en quelque sorte un jeu de piste qui nous permet de nous transposer dans la peau d’aventuriers. Je suis donc le véhicule rouge. Celui-ci emprunte de nombreuses petites routes, roule de plus en plus vite, nous sème, puis nous le retrouvons. Mais après une dizaine de kilomètres environ nous décidons d’abandonner la course. Il semble essayer de nous semer. Peut être ne s’y rendait-il pas. Peut être que nous lui avons fait peur. Il y a toujours beaucoup de méfiance à cause de la répression. Nous faisons demi-tour et essayons de retrouver la route de Fléac. Une fois celle-ci retrouvée nous empruntons une autre route que celle ou avait tourné le véhicule rouge puis apercevons un petit convoi de quatre véhicules. Toujours à l’instinct nous décidons de les suivre. Je me trouve alors derrière un gros 4x4 Jeep immatriculé 41. Blois. Ceci me conforte dans l’idée que ces véhicules se rendent probablement à la soirée car la région de Blois est très dynamique sur le plan des free party. Ce ne sont, c’est vrai, que de très maigres indices. Et il peut paraître surprenant que sur la base de tels indices aussi insignifiant nous prenions des décisions quant à la route à suivre pour trouver le lieu de la soirée. Mais nous n’avons que ça. Et comme je l’ai dis précédemment c’est un véritable jeu de piste. Alors nous jouons le jeu et tentons d’en trouver la solution. Enfin après une bonne dizaine de kilomètres les 3 véhicules (en fait le quatrième véhicule qui précédait le convoi a bifurqué sur une autre route) que nous suivions s’arrêtent dans un chemin de terre à proximité d’un champ. Je gare la voiture derrière le 4x4 puis je descend afin d’aller demander aux occupant des autres véhicules s’ils se rendent bien au même endroit que nous. Ils me confirment que l’on cherche la même soirée. Cette fois l’instinct s’est révélé être payant puisqu’ils y vont. Ils me précisent qu’ils attendent un coup de fil d’un ami qui va leur expliquer la suite de la route. 5 minutes plus tard je vois les autres véhicules démarrer et je sonne alors le départ en demandant à mes compagnons de route de remonter au plus vite dans la voiture. Il ne fallait pas perdre un instant afin de ne pas perdre de vue les autres véhicules. En pleine campagne il est souvent difficile de se repérer. Nous tournons et retournons dans de nombreux chemins pour finalement prendre un chemin de terre à travers des vignes. Le chemin est un peu glissant et il me faut me concentrer pour suivre les autres véhicules sans trop déraper. Finalement nous apercevons un petit bois derrière les vignes et de la lumière. Nous tentons de trouver le chemin qui nous mènera jusqu’à la lumière (cette phrase n’a au moment ou je l’écris aucune connotation religieuse ou mystique…). Nous voici enfin arrivés. Il est environ 3 heures du matin. Il y a très peu de véhicules. Nous sommes quasiment les premiers. Il faut dire que c’était particulièrement bien caché cette fois ci. Quelques jeunes nous indiquent notre chemin pour aller nous garer. Tout est fléché et des barrières de sécurité permettent de délimiter le parking. Nous faisons le fond de nos poches pour la donation et nous donnons 1 euro chacun. La donation c’est un système qui consiste à faire passer une boîte dans laquelle chacun donne librement ce qu’il veut ou ce qu’il peut afin d’aider les organisateurs à assumer financièrement le déroulement de la soirée (location de matériel, gazole pour le groupe électrogène etc.). Le terrain est assez meuble mais nous nous garons sans trop de difficultés, juste à côté du 4x4 Jeep que nous suivions. Enfin nous sortons de la voiture. C’est un moment un peu magique, celui où l’on découvre le terrain. A perte de vue des champs, des vignes. Un très beau site. Il ne fait pas chaud mais c’est la pleine lune et la nuit est très belle. Nous sommes loin de la civilisation, c’est la nature. L’air semble plus pur. Pierre n’a pas l’air très à l’aise. Il semble surjouer la réalité un peu comme pour cacher une sorte de malaise. Maël quant à lui semble être à l’aise. Nous nous aprochons du mur de son. Il n’est pas très grand mais plutôt bien réglé, le son claque. En revanche le style de musique est strictement le même qu’au Mars Attack : drum n bass et tek/hardtek. En y regardant de plus près nous réalisons que les gars qui se trouvent derrière les platines sont bel et bien les DJ qui étaient au Mars Attack. Un petit bar est ouvert à côté du son. Nous buvons une bière et restons un moment devant le son à discuter de tout. Petit à petit la musique s’accélère et le son devient un peu plus puissant. Ce n’est pas extrêmement bien mixé mais c’est dans l’ensemble plutôt sympa. Je décide d’aller discuter un peu avec les organisateurs de la soirée qui semblent se réunir dans un camion blanc stationné derrière le son. Je m’y rend et salue les gens présent. L’un d’entre eux, Guillaume, fume une clope devant le camion. Il me demande d’où je viens. Je lui répond d’Angoulême et lui retourne la question. Il vient de Poitiers. Je luis dis alors qu’il y a encore deux semaines, avant d’arriver sur Angoulême j’étais installé sur Poitiers. Nous rigolons en pensant tous les deux, mais sans le dire, que le monde est vraiment petit en Poitou-Charentes. Enfin je pense que c’est surtout parce que l’on va dans les mêmes soirées que le monde est petit car je pense que si j’étais allé en boîte sur Angoulême ce soir là j’aurai eu grand peine à trouver quelqu’un de Poitiers et ce d’autant plus que ce week-end s’y déroulait le festival des Expressifs. Bref Guillaume me demande alors comment je trouve la ville d’Angoulême. Je lui réponds, et c’est vrai, que je ne regrette pas Poitiers car les alentours d’Angoulême sont très sauvages, très beaux, que la nature semble préservée. J’ajoute que le centre ville est plus chaleureux et que le milieu underground semble pas mal développé à Angoulême. Il me confirme tout ça et précise qu’il aime lui aussi beaucoup cette ville. Puis il me demande comment j’ai atterri à Angoulême. Je lui réponds que je suis en master de cinéma au CNBDI, sans plus de précision. Il semble connaître car il n’a pas l’air surpris, il ne pose pas de questions. Je lui précise que je travaille sur un documentaire sur les teufs. Puis je lui demande s’il fait partie des organisateurs. Il me répond que oui et je demande alors quel est le nom de leur collectif. Il me répond les Lézards Libres. Ça me plait comme nom de collectif. Je me fais cette réflexion car bien souvent les collectifs ont des noms très proches les uns des autres mais celui-ci est original.
par le lézard publié dans : altertek
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